Baker Tilly rachète Corex : la consolidation des cabinets d’expertise comptable s’accélère

Baker Tilly rachète Corex : la consolidation des cabinets d'expertise comptable s'accélère — Max Compta

Baker Tilly rachète Corex : la consolidation des cabinets d’expertise comptable s’accélère

Baker Tilly France a officialisé le 16 juillet 2026 le rachat de Corex, cabinet d’expertise comptable lillois fondé en 1958, qui compte 48 collaborateurs, 8 associés et environ 7,5 M€ de chiffre d’affaires. L’opération, effective depuis le 15 juillet, permet au groupe angevin de créer un nouveau territoire régional dans les Hauts-de-France.

Au-delà de l’opération elle-même, ce rapprochement illustre un mouvement de fond : la consolidation des cabinets d’expertise comptable s’accélère, deux semaines à peine après le rachat d’Acasi par Qonto. Voici ce que l’on sait de l’opération, ce qu’elle révèle du secteur, et ce qu’elle change concrètement pour les chefs d’entreprise et les professionnels du chiffre.

1. Que sait-on du rachat de Corex par Baker Tilly ?

L’annonce a été faite le 16 juillet 2026, pour une opération juridiquement effective au 15 juillet. Baker Tilly France reprend Corex, cabinet implanté à Saint-André-lez-Lille, dans la métropole lilloise. Fondé en 1958, Corex intervient sur deux métiers : l’expertise comptable et l’expertise RH et sociale.

Le cabinet accompagne plus de 2 300 clients, essentiellement des TPE, des PME, des professions libérales et des sociétés immobilières, pour un chiffre d’affaires d’environ 7,5 M€ sur l’exercice 2025/2026. De son côté, Baker Tilly France, dont le siège est à Angers, pèse 219 M€ de chiffre d’affaires en 2025 avec près de 2 200 collaborateurs.

Élément Détail
Date d’annonce 16 juillet 2026
Prise d’effet 15 juillet 2026
Cabinet repris Corex, Saint-André-lez-Lille (Nord), fondé en 1958
Effectif repris 48 collaborateurs, dont 8 associés
Portefeuille Plus de 2 300 clients (TPE, PME, professions libérales, immobilier)
CA de Corex Environ 7,5 M€ (exercice 2025/2026)
Acquéreur Baker Tilly France (siège à Angers)
Taille de l’acquéreur 219 M€ de CA en 2025, 2 200 collaborateurs
Cap stratégique Plan « Convergence 2030 » : 400 M€ de CA visés

Samuel Ronflé, président de Baker Tilly France, inscrit ce rapprochement dans le plan « Convergence 2030 », qui vise 400 M€ de chiffre d’affaires d’ici 2030. Pour les clients de Corex, le groupe met en avant un accès élargi à des expertises complémentaires : financement, fusions-acquisitions, conseil digital, RSE et accompagnement patrimonial.

2. Pourquoi Baker Tilly enchaîne-t-il les acquisitions ?

Passer de 219 M€ à 400 M€ de chiffre d’affaires en quatre ans ne peut pas reposer sur la seule croissance organique. Le marché de l’expertise comptable progresse, mais pas à ce rythme : la croissance externe est donc le moteur principal du plan Convergence 2030.

Le calendrier le confirme. Une semaine après Corex, le 22 juillet, Baker Tilly a annoncé la reprise de Tytgat, cabinet de 23 collaborateurs installé près de Valenciennes (2,75 M€ de chiffre d’affaires), spécialisé dans les dossiers transfrontaliers franco-belges. Deux acquisitions dans les Hauts-de-France en un mois : le groupe ne rachète pas au hasard, il maille un territoire où il était jusqu’ici peu présent.

La logique est double : densifier la présence régionale pour être au contact des dirigeants locaux, et élargir la palette de services proposés aux clients des cabinets repris. Un client TPE de Corex n’avait pas accès hier à une équipe dédiée aux fusions-acquisitions ; demain, si.

3. Que révèle cette opération de la consolidation du secteur ?

Le rachat de Corex n’est pas un cas isolé. La profession comptable française, longtemps morcelée en milliers de structures indépendantes, se concentre à un rythme soutenu. Plusieurs moteurs se combinent :

  • La course à la taille : la facture électronique (échéances 2026-2027), l’automatisation de la saisie et les outils d’intelligence artificielle exigent des investissements que les grandes structures amortissent plus facilement.
  • La pénurie de profils : le recrutement est l’une des premières difficultés des cabinets. Les groupes offrent des parcours de carrière, de la mobilité et de la spécialisation, arguments que les petites structures peinent à répliquer.
  • La transmission : beaucoup de cabinets fondés entre les années 1950 et 1980 arrivent à l’heure de la succession. Corex, né en 1958, en est un exemple. S’adosser à un groupe est souvent la voie la plus simple pour les associés sortants.
  • Le capital-investissement : des fonds sont entrés au capital de plusieurs groupes d’expertise comptable et de conseil, avec des attentes de croissance rapide qui accélèrent mécaniquement les rachats.

Il faut néanmoins garder la mesure : le tissu français reste très majoritairement composé de cabinets de petite taille, et rien n’indique qu’ils vont disparaître. La consolidation crée de grands ensembles, mais elle redonne aussi de la visibilité aux cabinets de proximité qui cultivent la relation directe avec leurs clients.

4. Deux semaines après Qonto-Acasi : coïncidence ou tendance de fond ?

Le rapprochement Baker Tilly-Corex intervient moins de deux semaines après une autre opération remarquée : le rachat d’Acasi, cabinet d’expertise comptable en ligne, par la fintech Qonto. Nous avons détaillé cette opération dans notre analyse du rachat d’Acasi par Qonto. Sur le papier, les deux dossiers n’ont pas grand-chose en commun.

D’un côté, un acteur technologique qui s’offre une porte d’entrée dans la profession réglementée ; de l’autre, un groupe traditionnel qui consolide un maillage régional. Mais les deux mouvements racontent la même histoire : le capital, la taille et la technologie deviennent des variables stratégiques dans un métier qui s’est longtemps développé par simple bouche-à-oreille local.

5. Qu’est-ce que ça change pour les clients d’un cabinet racheté ?

Pour un chef d’entreprise client de Corex, ou de n’importe quel cabinet repris, le changement immédiat est souvent limité : la lettre de mission se poursuit, les équipes restent en place dans la grande majorité des cas, et le dossier continue d’être suivi par le même collaborateur.

À moyen terme, trois points méritent votre attention :

  • L’interlocuteur : les organisations de groupe évoluent (portefeuilles redistribués, spécialisation par métier). Demandez explicitement qui suivra votre dossier après l’intégration.
  • La tarification : l’harmonisation des grilles d’honoraires peut jouer dans les deux sens. Toute évolution doit passer par un avenant à la lettre de mission, que vous êtes libre de refuser.
  • L’offre de services : c’est le vrai gain potentiel. Financement, juridique, social, patrimoine : des expertises auparavant inaccessibles deviennent disponibles en interne.

Et si le nouveau format ne vous convient pas, changer de cabinet reste possible à chaque échéance de la lettre de mission : la profession est réglementée, et la reprise d’un dossier par un confrère est encadrée et courante.

Max Compta

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6. Et pour les professionnels du chiffre ?

Pour les collaborateurs des cabinets repris, l’adossement à un groupe ouvre des perspectives réelles : mobilité géographique, spécialisation (consolidation, fiscalité, paie, audit), formations structurées. L’envers de la médaille : une culture d’entreprise différente et des process plus normés que dans un cabinet familial.

Pour les jeunes diplômés et les mémorialistes, le marché reste très favorable. La consolidation ne réduit pas le besoin de compétences, elle le déplace : les groupes recherchent des profils capables d’encadrer les équipes, de piloter la data et de développer le conseil, pendant que les cabinets indépendants continuent d’offrir une formation généraliste difficile à égaler. Quant aux associés de petites structures, ces opérations envoient un signal clair : les valorisations sont attractives, et une transmission se prépare plusieurs années à l’avance.

7. Questions fréquentes

Qui a racheté le cabinet Corex ?

Baker Tilly France, groupe d’audit, d’expertise comptable et de conseil basé à Angers (219 M€ de chiffre d’affaires en 2025, 2 200 collaborateurs). L’opération est effective depuis le 15 juillet 2026 et a été annoncée le 16 juillet 2026.

Pourquoi les cabinets d’expertise comptable se regroupent-ils ?

Quatre moteurs principaux : les investissements technologiques (facture électronique, intelligence artificielle), les difficultés de recrutement, la transmission des cabinets fondés il y a plusieurs décennies et l’arrivée du capital-investissement dans la profession. La taille permet d’amortir les coûts et d’élargir l’offre de services.

Que devient un client quand son cabinet comptable est racheté ?

La lettre de mission se poursuit et l’équipe reste généralement en place. À moyen terme, trois points sont à surveiller : l’identité de l’interlocuteur qui suit le dossier, l’évolution éventuelle des honoraires (qui nécessite un avenant) et l’accès à de nouveaux services. Changer de cabinet reste possible à chaque échéance de la lettre de mission.

Qu’est-ce que le plan Convergence 2030 de Baker Tilly ?

C’est le plan stratégique de Baker Tilly France qui vise 400 M€ de chiffre d’affaires d’ici 2030, contre 219 M€ en 2025. Il repose largement sur des acquisitions de cabinets régionaux, comme Corex à Saint-André-lez-Lille puis Tytgat près de Valenciennes, toutes deux annoncées en juillet 2026.

La consolidation menace-t-elle les petits cabinets comptables ?

Non, pas à court terme. Le tissu français reste très majoritairement composé de petites structures, et la relation de proximité demeure leur meilleur atout. En revanche, la pression monte sur les investissements technologiques et le recrutement, ce qui pousse certains associés à s’adosser à un groupe au moment de la transmission.

8. Sources

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