Fiscalité des cryptomonnaies en France 2026 : déclaration

Fiscalité des cryptomonnaies en France 2026 : déclaration, flat tax, DAC8 — Max Compta

Fiscalité des cryptomonnaies en France 2026 : déclaration

Oui, les détenteurs de cryptomonnaies doivent déclarer leurs opérations. En 2026, les plus-values de cession d’actifs numériques réalisées par un particulier sont soumises à la flat tax au taux de 31,4 % (12,8 % d’impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux). Vous déclarez vos gains via le formulaire 2086, et vos comptes ouverts sur des plateformes étrangères via le 3916-bis, même sans le moindre gain.

Deux évolutions marquent l’année 2026 : la hausse de la flat tax (les prélèvements sociaux passent de 17,2 % à 18,6 %) et l’entrée en application de la directive DAC8, qui oblige les plateformes à transmettre automatiquement vos données à l’administration fiscale. Autrement dit, l’oubli de déclaration n’est plus une option tenable. Ce guide détaille quand vous êtes imposable, comment calculer votre plus-value et comment remplir votre déclaration.

1. Faut-il déclarer ses cryptomonnaies en 2026 ?

Il faut distinguer deux obligations distinctes. La première porte sur vos plus-values imposables, dues lorsque vous cédez des actifs numériques. La seconde porte sur vos comptes détenus à l’étranger, à déclarer même en l’absence de gain.

La simple détention de cryptomonnaies ne déclenche aucun impôt : tant que vous ne cédez rien, il n’y a pas de plus-value à imposer. En revanche, tout compte ouvert, détenu, utilisé ou clos sur une plateforme établie hors de France (Binance, Kraken, Coinbase, etc.) doit être déclaré chaque année, via le formulaire 3916-bis, indépendamment de toute vente.

Occasionnel, habituel ou minage ?

Ce guide traite du régime de l’investisseur particulier occasionnel (article 150 VH bis du CGI). L’achat-revente exercé à titre habituel, dans des conditions proches de celles d’un professionnel, relève des bénéfices non commerciaux (BNC, article 92 du CGI), tout comme les gains de minage. Ces deux régimes suivent le barème progressif de l’impôt sur le revenu.

2. Quand la cession de crypto est-elle imposable ?

Le fait générateur de l’impôt est la cession à titre onéreux. Concrètement, l’impôt n’est dû que lorsque vous convertissez vos actifs numériques en monnaie ayant cours légal (euros, dollars) ou lorsque vous les utilisez pour acheter un bien ou un service.

Les échanges d’une cryptomonnaie contre une autre (par exemple bitcoin contre ether) ne sont pas imposables : ils bénéficient d’un sursis d’imposition. Vous pouvez donc arbitrer votre portefeuille sans déclencher l’impôt, tant que vous ne « sortez » pas vers une monnaie fiat.

Un seuil d’exonération existe : si le total de vos prix de cession de l’année (hors échanges crypto contre crypto) n’excède pas 305 €, vos plus-values ne sont pas imposées.

3. Quel est le taux d’imposition en 2026 ?

La plus-value nette annuelle est soumise au prélèvement forfaitaire unique (PFU), la « flat tax ». En 2026, son taux global atteint 31,4 %, contre 30 % jusqu’à fin 2025.

Ce taux se décompose en deux étages : 12,8 % au titre de l’impôt sur le revenu et 18,6 % au titre des prélèvements sociaux. La hausse provient de la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026, qui a porté les prélèvements sociaux sur les revenus du capital de 17,2 % à 18,6 %. Le taux d’impôt sur le revenu, lui, reste fixé à 12,8 %.

Par défaut, ce PFU s’applique sans démarche particulière. Vous pouvez toutefois lui préférer le barème progressif de l’impôt sur le revenu, une option détaillée plus bas.

4. Ce qui change en 2026 : flat tax, barème et DAC8

Trois évolutions concernent directement les détenteurs d’actifs numériques cette année.

  • Flat tax à 31,4 % : depuis le 1ᵉʳ janvier 2026, la hausse des prélèvements sociaux fait passer le taux global de 30 % à 31,4 %.
  • Option pour le barème progressif : la loi de finances pour 2026 supprime le caractère irrévocable de cette option à l’article 200 A du CGI, à compter de l’imposition des revenus de 2026. Vous pourrez donc y renoncer si elle s’avère défavorable. Nuance de calendrier : l’option exercée au printemps 2026 au titre des revenus 2025 demeure, elle, irrévocable.
  • Directive DAC8 : depuis le 1ᵉʳ janvier 2026, les prestataires de services sur crypto-actifs (les plateformes) doivent collecter et transmettre les données de leurs utilisateurs à l’administration fiscale. Le premier reporting portera sur les opérations réalisées en 2026 et interviendra en 2027. L’administration recoupe désormais vos déclarations avec les informations reçues des plateformes.

5. Comment calculer sa plus-value imposable ?

L’article 150 VH bis retient une méthode globale, calculée sur l’ensemble du portefeuille et non cession par cession. La formule est la suivante :

Plus-value = Prix de cession - [Prix total d’acquisition du portefeuille × (Prix de cession / Valeur globale du portefeuille au jour de la cession)]

Prenons un portefeuille dont le prix total d’acquisition s’élève à 8 000 €. Le jour où vous retirez 5 000 € en euros, la valeur globale de votre portefeuille atteint 20 000 €.

Étape du calcul Montant
Prix total d’acquisition du portefeuille 8 000 €
Valeur globale du portefeuille (jour de la cession) 20 000 €
Prix de cession (retrait en euros) 5 000 €
Quote-part du prix d’acquisition : 8 000 × 5 000 / 20 000 2 000 €
Plus-value imposable : 5 000 - 2 000 3 000 €
Impôt dû : 3 000 × 31,4 % 942 €

Sur cette plus-value de 3 000 €, l’impôt de 942 € se répartit en 384 € d’impôt sur le revenu (12,8 %) et 558 € de prélèvements sociaux (18,6 %).

6. Comment déclarer étape par étape ?

La déclaration des revenus crypto suit un enchaînement simple. Les revenus d’une année N se déclarent au printemps de l’année suivante (N+1).

  1. Recenser toutes vos cessions imposables de l’année : conversions en euros ou en devises, et achats de biens ou de services réglés en cryptomonnaies.
  2. Calculer la plus ou moins-value globale sur le formulaire annexe 2086 (Cerfa n° 16043).
  3. Reporter le résultat sur la déclaration complémentaire 2042 C : case 3AN pour une plus-value, case 3BN pour une moins-value.
  4. Pour opter pour le barème progressif plutôt que la flat tax, cocher la case 3CN.
  5. Déclarer chaque compte d’actifs numériques détenu à l’étranger via le formulaire 3916-bis, joint à votre déclaration de revenus.
Attention aux sanctions

Le défaut de déclaration d’un compte d’actifs numériques à l’étranger est passible d’une amende de 750 € par compte non déclaré (ou 125 € par omission ou inexactitude), dans la limite de 10 000 € par déclaration. Ces montants sont portés à 1 500 € par compte non déclaré (et à 250 € par omission ou inexactitude) lorsque la valeur des comptes dépasse 50 000 € à un moment de l’année. À cela s’ajoutent, en cas de plus-value non déclarée, le rappel d’impôt, les intérêts de retard et d’éventuelles majorations.

7. Tableau récapitulatif

Situation Régime 2026 Formulaire
Plus-value de cession (investisseur occasionnel, art. 150 VH bis) Flat tax 31,4 % ou barème sur option 2086 + 2042 C
Échange crypto contre crypto Non imposable (sursis d’imposition) -
Cessions annuelles ≤ 305 € Exonération -
Compte détenu sur une plateforme étrangère Obligation déclarative (même sans gain) 3916-bis
Achat-revente habituel (conditions proches d’un professionnel) Barème progressif (BNC, art. 92) 2042 C-PRO
Minage Barème progressif (BNC, art. 92) 2042 C-PRO

8. Questions fréquentes

Faut-il déclarer ses cryptomonnaies si on ne les a pas vendues ?

La seule détention d’actifs numériques ne déclenche aucun impôt : sans cession, il n’y a pas de plus-value imposable. En revanche, si vos cryptos sont logées sur une plateforme établie à l’étranger, vous devez déclarer ce compte chaque année via le formulaire 3916-bis, même sans aucune vente ni gain.

L’échange d’une cryptomonnaie contre une autre est-il imposable ?

Non. Les échanges entre actifs numériques (par exemple bitcoin contre ether) bénéficient d’un sursis d’imposition. Seule la conversion en monnaie ayant cours légal (euros, dollars) ou l’utilisation de vos cryptos pour payer un bien ou un service déclenche l’imposition de la plus-value.

À partir de quel montant paie-t-on des impôts sur ses cryptos ?

Si le total de vos prix de cession de l’année (hors échanges crypto contre crypto) n’excède pas 305 €, vos plus-values sont exonérées. Au-delà de ce seuil, la plus-value nette annuelle est imposable à la flat tax de 31,4 %.

Vaut-il mieux choisir la flat tax ou le barème progressif ?

La flat tax de 31,4 % s’applique par défaut. Vous pouvez opter pour le barème progressif de l’impôt sur le revenu (case 3CN), souvent plus favorable si votre taux marginal d’imposition est faible. Depuis l’imposition des revenus 2026, la loi de finances pour 2026 supprime le caractère irrévocable de cette option : vous pouvez désormais y renoncer si elle se révèle défavorable.

Que risque-t-on en cas d’absence de déclaration ?

Le défaut de déclaration d’un compte d’actifs numériques à l’étranger est passible d’une amende de 750 € par compte non déclaré (ou 125 € par omission ou inexactitude), dans la limite de 10 000 € par déclaration. S’y ajoutent le rappel d’impôt, les intérêts de retard et d’éventuelles majorations. Avec la directive DAC8, l’administration reçoit désormais automatiquement les données transmises par les plateformes.

Le minage et le trading professionnel suivent-ils le même régime ?

Le régime de la flat tax (article 150 VH bis) vise l’investisseur particulier occasionnel. L’achat-revente exercé à titre habituel, dans des conditions proches de celles d’un professionnel, relève des bénéfices non commerciaux (BNC, article 92 du CGI), tout comme les gains de minage. Ces revenus sont imposés au barème progressif, distinct de la flat tax.

Max Compta

Conseils, gestion et fiscalité : un accompagnement personnalisé pour sécuriser la déclaration de vos actifs numériques et arbitrer entre flat tax et barème.

9. Références officielles

10. À lire aussi