DCG 2022 UE 11 Contrôle de gestion : sujet et corrigé
Le sujet de l’UE 11 Contrôle de gestion du DCG 2022 comptait 4 dossiers : analyse de la profitabilité, opportunité d’un nouveau projet, politique d’approvisionnement et programme de production.
Vous trouverez ici le sujet officiel en PDF et une proposition de corrigé Max Compta, question par question, alignée sur les éléments indicatifs du corrigé officiel du CRCF. L’épreuve durait 4 heures, coefficient 1.
Téléchargement gratuit, sans inscription ni compte.
Sous chaque question, ce corrigé indique le chapitre de la fiche Max Compta UE 11 où la notion est traitée. Vous savez tout de suite quoi revoir, question par question, sans chercher dans votre cours.
- Ce document n’est pas le corrigé officiel. Il propose une réponse complète, avec le détail des calculs et des exemples d’argumentaires.
- Les montants unitaires sont arrondis au centime ; Les calculs suivants repartent des valeurs exactes.
- Les hypothèses retenues sont signalées, comme le demande l’avertissement du sujet.
- Barème du sujet : Dossier 1 sur 6 points, dossier 2 sur 5 points, dossier 3 sur 5 points, dossier 4 sur 4 points.
Dossier 1. Analyse de la profitabilité (6 points)
1.1. Calculer et interpréter les coûts et les résultats analytiques unitaires de chacun des deux produits à l’aide de la méthode des centres d’analyse.
Dans la fiche Max Compta UE 11 : La méthode des coûts complets et des sections homogènes (centres d’analyse) › Principe et mise en œuvre (coûts complets et centres d’analyse)
Étape 1. Répartition des charges indirectes (document 2)
| Centre | Charges (€) | Unité d’œuvre ou assiette | Nombre ou montant | Coût de l’unité ou taux |
|---|---|---|---|---|
| Approvisionnement | 16 450 | Kg acheté de cuir et de composants | 47 000 | 0,35 € |
| Production | 260 700 | Minute machine | 23 700 | 11 € |
| Distribution | 266 100 | Chiffre d’affaires | 887 000 € | 0,30 € par euro |
- Kg achetés : 32 000 de cuir + 10 500 + 4 500 de composants = 47 000 ; 16 450 / 47 000 = 0,35 €.
- Minutes machine : 3 × 5 100 + 6 × 1 400 = 15 300 + 8 400 = 23 700 ; 260 700 / 23 700 = 11 €.
- Chiffre d’affaires : 5 100 × 130 + 1 400 × 160 = 663 000 + 224 000 = 887 000 € ; 266 100 / 887 000 = 0,30 €.
L’enchaînement des tableaux peut être présenté autrement.
Étape 2. Coûts d’achat
| Élément | Cuir : Q | CU | Montant | Composants : Q | CU | Montant |
|---|---|---|---|---|---|---|
| Achats | 32 000 | 7,00 | 224 000 | 15 000 | 4,00 | 60 000 |
| Centre approvisionnement | 32 000 | 0,35 | 11 200 | 15 000 | 0,35 | 5 250 |
| Coût d’achat | 32 000 | 7,35 | 235 200 | 15 000 | 4,35 | 65 250 |
Étape 3. Compte de stock du cuir de raisin (coût moyen pondéré)
| Élément | Quantité (kg) | Coût unitaire (€) | Montant (€) |
|---|---|---|---|
| Stock initial | 1 200 | 3,20 | 3 840 |
| Entrées (coût d’achat) | 32 000 | 7,35 | 235 200 |
| Total | 33 200 | 7,20 | 239 040 |
| Sorties (5 kg × 6 500 paires) | 32 500 | 7,20 | 234 000 |
| Stock final | 700 | 7,20 | 5 040 |
Toute méthode de valorisation des sorties est acceptée.
Étape 4. Coûts de revient
| Élément | Merlot : Q | CU | Montant | Cabernet : Q | CU | Montant |
|---|---|---|---|---|---|---|
| Cuir de raisin consommé | 25 500 | 7,20 | 183 600 | 7 000 | 7,20 | 50 400 |
| Composants divers | 10 500 | 4,35 | 45 675 | 4 500 | 4,35 | 19 575 |
| Main-d’œuvre directe (heures) | 170 | 25,00 | 4 250 | 110 | 25,00 | 2 750 |
| Total des charges directes | 233 525 | 72 725 | ||||
| Centre production (minutes) | 15 300 | 11,00 | 168 300 | 8 400 | 11,00 | 92 400 |
| Centre distribution (CA) | 663 000 | 0,30 | 198 900 | 224 000 | 0,30 | 67 200 |
| Total des charges indirectes | 367 200 | 159 600 | ||||
| Coût de revient | 5 100 | 117,79 | 600 725 | 1 400 | 165,95 | 232 325 |
Les totaux des charges directes et des charges indirectes ne sont pas exigés.
Étape 5. Résultats analytiques
| Élément | Merlot : Q | CU | Montant | Cabernet : Q | CU | Montant |
|---|---|---|---|---|---|---|
| Chiffre d’affaires | 5 100 | 130,00 | 663 000 | 1 400 | 160,00 | 224 000 |
| Coût de revient | 5 100 | 117,79 | 600 725 | 1 400 | 165,95 | 232 325 |
| Résultat analytique | 5 100 | 12,21 | 62 275 | 1 400 | −5,95 | −8 325 |
| Taux de profitabilité | 9,39 % | −3,72 % |
Taux de profitabilité : 62 275 / 663 000 = 9,39 % et −8 325 / 224 000 = −3,72 %.
Les taux de profitabilité ne sont pas exigés à cette question.
Interprétation. Les baskets Merlot sont bénéficiaires, avec une profitabilité de 9,39 %. Les baskets Cabernet sont déficitaires (−3,72 %). Avec l’ancienne méthode, les deux modèles étaient bénéficiaires (document 1).
Autre démarche : Raisonner sur le seul centre distribution
Seule l’assiette du centre distribution change. On peut donc partir des résultats du document 1 et corriger l’écart de charges imputées. Ancienne unité d’œuvre : 266 100 / 6 500 produits = 40,94 €.
| Élément | Merlot (€) | Cabernet (€) |
|---|---|---|
| Charges de distribution, unité « nombre de produits » (40,94 €) | 208 786 | 57 314 |
| Charges de distribution, assiette « chiffre d’affaires » (0,30 €) | 198 900 | 67 200 |
| Différence de charges imputées | +9 886 | −9 886 |
| Résultat avec l’ancienne méthode (document 1) | 52 389 | 1 561 |
| Nouveau résultat | 62 275 | −8 325 |
On retrouve les résultats du calcul complet : 52 389 + 9 886 = 62 275 € et 1 561 − 9 886 = −8 325 €. Le résultat global reste de 53 950 € avec les deux méthodes : Seule sa répartition entre les deux modèles change.
Même interprétation : Merlot est bénéficiaire (9,39 % de profitabilité), Cabernet devient déficitaire (−3,72 %), alors que les deux modèles étaient bénéficiaires avec l’ancienne méthode.
L’analyse par les taux de profitabilité n’est pas exigée.
1.2. Analyser les intérêts et les limites pour l’entreprise ELA de faire évoluer sa méthode de calcul des coûts.
Dans la fiche Max Compta UE 11 : La méthode des coûts complets et des sections homogènes (centres d’analyse) › Principe et mise en œuvre (coûts complets et centres d’analyse)
Deux intérêts et deux limites, rattachés au cas, sont attendus. Tout élément argumenté et contextualisé est accepté.
L’évolution étudiée remplace, pour le centre distribution, l’unité d’œuvre « nombre de produits » par l’assiette « chiffre d’affaires ». Les deux autres centres gardent leur unité d’œuvre.
Intérêts
- Choisir des unités d’œuvre pertinentes. La méthode donne un coût complet, mais le résultat dépend des unités d’œuvre retenues. ELA a raison de s’interroger sur ce choix. Il porte ici sur le centre distribution ; Le centre approvisionnement pourrait aussi devenir un centre de frais, avec les achats en euros pour assiette.
- Une méthode simple à mettre en œuvre. Elle permet un premier repérage et un premier classement des charges et des produits utiles au calcul des coûts. Pour une entreprise jeune comme ELA, elle donne à Estelle Ricaud une vue d’ensemble.
- Suivre les résultats. La méthode fournit un résultat par produit (deux modèles) et par mois (novembre 2021). Le changement d’assiette montre que l’écart se creuse entre les deux modèles : Cabernet devient déficitaire, ce qui doit alerter.
- Une méthode adaptée aux produits standardisés. La fabrication des baskets Merlot et Cabernet est sans doute assez simple et standardisée. Faire évoluer la méthode reste donc pertinent chez ELA.
Limites
- Une seule unité d’œuvre modifiée. Le changement ne touche que la répartition d’un centre. Ce n’est qu’une première approche : L’unité d’œuvre du centre approvisionnement mériterait aussi d’être discutée (centre de frais, achats en euros).
- Une évolution limitée. ELA reste dans la méthode des centres d’analyse. La méthode ABC donnerait des résultats plus pertinents sur la profitabilité des produits. En changer est toutefois d’abord une démarche managériale, qui demande l’adhésion de tous les salariés et reste lourde pour une petite structure.
- Pas de détection des subventionnements. La nouvelle répartition ne permet pas de voir si un produit en finance un autre.
- Des charges indirectes plus lourdes que les charges directes. La méthode des centres d’analyse est née dans un contexte où les charges directes dominaient largement. Chez ELA, les charges indirectes l’emportent. Le résultat de chaque modèle dépend alors beaucoup des clés de répartition retenues, comme le montre le cas de Cabernet.
- Une base fragile pour supprimer un produit. Cabernet devient déficitaire, mais la méthode des centres d’analyse ne suffit pas pour décider de l’abandonner. Une analyse en coûts partiels serait préférable avant toute décision.
1.3. Rédiger un argumentaire, en une page environ, afin d’éclairer madame Estelle Ricaud sur le positionnement des produits et le développement commercial :
• les taux de profitabilité des produits ;
• des conseils à apporter.
Dans la fiche Max Compta UE 11 : Les outils de pilotage de la performance › Méthodologie de rédaction d'un argumentaire ou d'un commentaire
Toute argumentation et tout conseil cohérents avec les résultats trouvés sont acceptés, quelle que soit la structure. Sont attendus : Le rappel du contexte, la comparaison de la profitabilité des deux modèles, l’explication des écarts (charges directes et indirectes), la pertinence du changement d’unité d’œuvre et des conseils commerciaux.
Rappel du contexte
ELA fabrique et vend deux modèles de baskets zéro déchet, Merlot et Cabernet. Estelle Ricaud veut une analyse précise de la profitabilité de chacun et des conseils sur la politique commerciale à suivre.
Profitabilité des deux modèles selon la répartition des charges indirectes
Le changement d’assiette modifie les taux de profitabilité. Merlot reste bénéficiaire et gagne en profitabilité : 9,39 %, contre 7,90 % avec l’ancienne méthode. Cabernet passe d’un bénéfice de 1 561 € à une perte de 8 325 €.
Le résultat global, lui, ne change pas : Il reste positif, à 53 950 €. Les charges directes étant les mêmes, l’écart vient entièrement de la répartition des charges indirectes.
Chaque unité d’œuvre ou assiette de frais se discute : Il faut vérifier que chaque modèle absorbe bien les charges indirectes qu’il occasionne. Le centre distribution utilisait le nombre de produits. Comme les deux modèles n’ont pas le même prix, le contrôleur de gestion a retenu le chiffre d’affaires.
Avec un prix supérieur de 30 €, Cabernet supporte une part plus lourde des charges de distribution. Son résultat recule de près de 10 000 € (1 561 − (−8 325) = 9 886 €), au profit de Merlot. Ce changement est pertinent dans son principe, puisque les deux modèles ne se vendent pas au même prix. Il montre aussi combien le choix d’une clé de répartition pèse sur le résultat de chaque produit.
Conseils
Il ne faut pas arrêter tout de suite la fabrication des Cabernet. Ce modèle absorbe une partie des charges fixes indirectes. Il pourra aussi se développer, selon la politique marketing et commerciale d’ELA. Avant de trancher sur son maintien, Estelle Ricaud gagnerait à mener une analyse en coûts partiels.
Son prix plus élevé ne rend pas Cabernet plus profitable. Ce prix est peut-être trop haut et freine les ventes du modèle : La dirigeante devra décider s’il faut en proposer un nouveau.
Pour confirmer ces taux de profitabilité, le contrôleur de gestion peut mettre en place la méthode ABC. Elle permettrait par exemple de repérer d’éventuels subventionnements entre produits.
Dossier 2. Opportunité d’un nouveau projet (5 points)
2.1. Calculer les coûts, la marge et le résultat en présentant un compte de résultat différentiel pour l’année 2022.
Dans la fiche Max Compta UE 11 : Les coûts partiels et le seuil de profitabilité › Coût variable et marge sur coût variable
| Élément | Quantité | Unitaire (€) | Montant (€) | Taux |
|---|---|---|---|---|
| Chiffre d’affaires | 10 000 | 120 | 1 200 000 | |
| − Charges variables de production | 10 000 | 60 | 600 000 | |
| − Charges variables de distribution | 10 000 | 30 | 300 000 | |
| = Marge sur coût variable | 10 000 | 30 | 300 000 | 25,00 % |
| − Dotations aux amortissements (1 500 000 / 10) | 150 000 | |||
| − Autres charges fixes (application, marketing en ligne, site) | 130 000 | |||
| = Résultat | 10 000 | 2 | 20 000 | 1,67 % |
Un regroupement des charges variables, d’une part, et des charges fixes, d’autre part, est accepté.
2.2. Calculer et interpréter trois indicateurs du risque d’exploitation pour l’année 2022.
Dans la fiche Max Compta UE 11 : Les coûts partiels et le seuil de profitabilité › Seuil de profitabilité, point mort et indicateurs du risque d'exploitation
Trois indicateurs sont demandés, au choix parmi : Le seuil de rentabilité (en volume ou en valeur), sa date (point mort), la marge ou l’indice de sécurité, le levier opérationnel et l’indice de prélèvement. Les cinq sont présentés ici.
Seuil de rentabilité
SR en valeur = charges fixes / taux de marge sur coût variable = 280 000 / 0,25 = 1 120 000 €
SR en quantité = 280 000 / 30 = 9 333,33, soit 9 334 paires
ELA doit vendre au moins 9 334 paires de Merlot en ligne, soit 1 120 000 € de chiffre d’affaires, pour commencer à dégager un bénéfice.
Point mort
Point mort = 1 120 000 / 1 200 000 × 360 jours = 336 jours, soit le 6 décembre
Le seuil n’est atteint que le 6 décembre, très tard dans l’année : Le risque d’exploitation est important.
Une année de 365 jours est aussi acceptée : 1 120 000 / 1 200 000 × 365 = 340,67 jours, soit le 7 décembre.
Marge et indice de sécurité
Marge de sécurité = 1 200 000 − 1 120 000 = 80 000 €
Indice de sécurité = 80 000 / 1 200 000 = 6,67 %
Le chiffre d’affaires peut baisser de 80 000 €, soit 6,67 %, avant que l’activité ne devienne déficitaire. Cette marge est faible : Le risque d’exploitation est important.
Levier opérationnel
Levier opérationnel = marge sur coût variable / résultat = 300 000 / 20 000 = 15, ou 1 / indice de sécurité = 1 / 0,0667 = 15
Une variation de 1 % du chiffre d’affaires fait varier le résultat de 15 %. Le risque d’exploitation est élevé.
Indice de prélèvement
Indice de prélèvement = charges fixes / chiffre d’affaires = 280 000 / 1 200 000 = 23,33 %
Il mesure le poids des charges fixes : Elles absorbent 23,33 % du chiffre d’affaires.
2.3. Déterminer et interpréter la probabilité d’atteindre un résultat supérieur à 50 000 € en 2023.
Dans la fiche Max Compta UE 11 : La construction budgétaire › Loi normale appliquée : Probabilités et intervalles de confiance
Deux démarches sont possibles ; Une seule est attendue. Prix et charges restent ceux de 2022 (document 3).
Première démarche : À partir des quantités
On cherche d’abord le nombre de paires à vendre pour obtenir 50 000 € de résultat.
Résultat = 30 Q − 280 000 ; 30 Q − 280 000 = 50 000, d’où Q = 11 000 paires
Les quantités vendues en 2023 suivent la loi normale N(12 500 ; 1 500). On centre et on réduit pour lire la table du document 4.
P(Q > 11 000) = P(T > (11 000 − 12 500) / 1 500) = P(T > −1) = P(T < 1) = 0,8413
Seconde démarche : À partir du résultat
On cherche d’abord la loi suivie par le résultat. C’est une fonction affine d’une variable normale : Il suit lui aussi une loi normale.
E(R) = 30 × 12 500 − 280 000 = 95 000 € ; σ(R) = 30 × 1 500 = 45 000 €, donc R suit N(95 000 ; 45 000)
P(R > 50 000) = P(T > (50 000 − 95 000) / 45 000) = P(T > −1) = P(T < 1) = 0,8413
Interprétation
ELA a 84,13 % de chances de dégager un résultat supérieur à 50 000 € en 2023. Le risque de rester en dessous n’est que de 15,87 % (1 − 0,8413).
Le calcul direct à la calculatrice est accepté : Il suffit alors d’écrire P(Q > 11 000) = 0,8413 ou P(R > 50 000) = 0,8413.
2.4. Rédiger un argumentaire de 15 à 20 lignes sur l’opportunité de lancer l’activité de ventes en ligne des baskets Merlot via le site d’e-commerce de ELA.
Dans la fiche Max Compta UE 11 : Les outils de pilotage de la performance › Méthodologie de rédaction d'un argumentaire ou d'un commentaire
Toute argumentation pertinente au regard des résultats trouvés est acceptée. Sont attendus : Le rappel du contexte, l’analyse stratégique, l’analyse du risque d’exploitation et de la profitabilité, et une conclusion sur l’opportunité du projet.
Rappel du contexte
ELA veut poursuivre son développement et renforcer sa notoriété, notamment grâce aux réseaux sociaux et aux nouveaux médias. Elle envisage de vendre ses baskets sur son propre site d’e-commerce. Estelle Ricaud attend une étude du risque d’exploitation et de l’intérêt de la vente en ligne.
Analyse stratégique
Le projet arrive peu après la création d’ELA. L’entreprise est très présente sur les réseaux sociaux et, plus largement, sur internet. Vendre en direct sur son site correspond bien à l’identité de cette start-up, portée par sa jeune dirigeante. Le site élargirait aussi la clientèle et ajouterait un canal de distribution, dans une démarche « B to C ».
La crise sanitaire du Covid-19 a fait fortement progresser le commerce en ligne. Quand les boutiques ferment, acheter en ligne ou en click and collect devient une habitude. Estelle Ricaud veut profiter de cet engouement pour développer les ventes et la notoriété d’ELA.
Risque d’exploitation et profitabilité
Le projet demande de lourds investissements : Équipement et entrepôt, site d’e-commerce, marketing en ligne pour attirer du trafic, application de mesure de la pointure. Les charges fixes atteignent 280 000 € par an.
En 2022, le résultat de 20 000 € donne une profitabilité faible (1,67 % du chiffre d’affaires). Le risque d’exploitation est très élevé. Le seuil de rentabilité n’est atteint que le 6 décembre 2022. Une baisse de 6,67 % du chiffre d’affaires suffit à annuler le résultat, ce qui laisse très peu de marge. Le levier opérationnel est élevé : Si le chiffre d’affaires est inférieur de 1 % à la prévision, le résultat baisse de 15 %.
En 2023, la probabilité d’atteindre le résultat de 50 000 € visé par Estelle Ricaud est de 84,13 %. Cette perspective est très rassurante.
Conclusion
Tous les indicateurs signalent un risque d’exploitation important en 2022, ce qui est normal en phase de lancement. Si la profitabilité progresse en 2023, le risque d’exploitation baissera, ce que le contexte favorable au commerce en ligne rend plausible. Il paraît donc opportun de lancer la vente en ligne des baskets Merlot.
Dossier 3. Politique d’approvisionnement (5 points)
3.1. Déterminer le programme optimal d’approvisionnement en cuir de raisin en tenant compte du stock de sécurité envisagé ainsi que le coût global de stockage.
Dans la fiche Max Compta UE 11 : Gestion des stocks et des approvisionnements › Modèle de Wilson et formule du lot économique
Toute méthode qui conduit à la solution optimale est acceptée. On applique ici le modèle de Wilson.
Données
- Consommation annuelle : C = 24 000 kg.
- Coût de passation d’une commande : Cl = 50 €.
- Coût de possession : Cs = 0,05 € par kg et par mois, soit 0,05 × 12 = 0,60 € par kg et par an.
- Stock de sécurité : 1 000 kg, dont la possession coûte 0,60 × 1 000 = 600 € par an.
Lot économique
Pour une quantité Q commandée à chaque fois, le coût de gestion du stock comprend trois éléments :
Coût de passation = 50 × 24 000 / Q ; coût de possession du stock actif = 0,60 × Q / 2 ; coût de possession du stock de sécurité = 0,60 × 1 000 = 600 €
Trois démarches mènent au lot économique.
Formule de Wilson.
Q* = √(2 × C × Cl / Cs) = √(2 × 24 000 × 50 / 0,60) = √4 000 000 = 2 000 kg, soit 2 tonnes
Égalité des deux coûts. À l’optimum, le coût de passation égale le coût de possession du stock actif.
50 × 24 000 / Q = 0,60 × Q / 2, d’où Q² = 50 × 24 000 × 2 / 0,60 = 4 000 000 et Q = 2 000 kg
Dérivée du coût de gestion. L’optimum est atteint quand la dérivée s’annule.
Coût de gestion (Q) = 50 × 24 000 / Q + 0,60 × Q / 2 + 1 000 × 0,60
Dérivée = −(50 × 24 000) / Q² + 0,60 / 2 = −1 200 000 / Q² + 0,30 = 0, d’où Q² = 1 200 000 / 0,30 et Q = 2 000 kg
Une démarche qui cherche d’abord le nombre de commandes à passer, puis en déduit le reste, est aussi acceptée.
Programme et coût global
- Nombre de commandes : N = 24 000 / 2 000 = 12 par an.
- Période entre deux commandes : T = 360 / 12 = 30 jours, soit un mois.
| Coût annuel | Calcul | Montant (€) |
|---|---|---|
| Passation des commandes | 50 × 12 | 600 |
| Possession du stock actif | 0,60 × 2 000 / 2 | 600 |
| Possession du stock de sécurité | 0,60 × 1 000 | 600 |
| Coût global de gestion du stock | 1 800 |
Le programme optimal consiste à commander 2 000 kg de cuir de raisin chaque mois, soit 12 commandes par an. Le coût global de gestion du stock est de 1 800 € par an, dont 600 € pour le stock de sécurité.
3.2. Rédiger un argumentaire de 15 à 20 lignes à l’attention d’Estelle Ricaud qui devra notamment :
• expliquer l’intérêt et les limites des modèles d’optimisation de gestion des stocks ;
• analyser les enjeux de la constitution d’un stock de sécurité ;
• préciser l’importance de bien fixer le stock d’alerte (appelé également point de commande ou stock critique) au regard du coût de gestion du stock.
Dans la fiche Max Compta UE 11 : Gestion des stocks et des approvisionnements › Modèle de Wilson et formule du lot économique
Sont attendus : L’intérêt et les limites du modèle de Wilson, l’impact du stock de sécurité et l’incidence du niveau du stock d’alerte sur les coûts.
Le cas d’ELA. La production est régulière. Le prix du cuir est constant, 7 € le kg (document 2), et le sujet ne prévoit aucune remise sur quantité. Aucune pénurie ni difficulté de réapprovisionnement n’est envisagée.
Intérêt et limites du modèle. Le modèle de Wilson arbitre entre le coût de passation des commandes et le coût de possession du stock, pour trouver la quantité qui rend le coût de gestion minimal. Son grand intérêt est sa simplicité, qui tient à ses hypothèses de base. Ces hypothèses sont pourtant restrictives :
- L’avenir est supposé connu avec certitude. Or la demande de baskets est difficile à prévoir : Comportement des clients, réactions des concurrents, événements extérieurs comme le Covid-19 ;
- Le modèle exclut toute rupture, puisque les consommations et le délai de livraison du fournisseur sont supposés certains ;
- La production, ou la vente, est supposée régulière. Une partie des ventes d’ELA est peut-être saisonnière, plus forte à Noël par exemple ;
- Le coût de possession est proportionnel aux quantités stockées et à la durée de stockage ;
- Le coût de passation d’une commande est fixe, quelle que soit sa taille.
Enjeux du stock de sécurité. Il permet de faire face à une accélération de la production. Il protège aussi des dysfonctionnements de livraison, retards ou erreurs. Il a un coût : 600 € de possession par an ici (question 3.1), et il alourdit le besoin en fonds de roulement. Son niveau doit donc rester mesuré.
Importance du stock d’alerte. Le stock d’alerte, ou point de commande, est le niveau de stock qui déclenche une commande. Il tient compte du délai de livraison (4 jours chez ELA) pour éviter la rupture. Fixé trop bas, il expose l’entreprise à une rupture de stock, donc à un coût de pénurie. Fixé trop haut, il entraîne des coûts de sur-stockage.
3.3. Concevoir le tableau de bord de la gestion des approvisionnements de l’entreprise ELA (2 facteurs clés de succès et 2 indicateurs par facteur clé de succès sont attendus).
Dans la fiche Max Compta UE 11 : Les outils de pilotage de la performance › Construction d'un tableau de bord
| Facteur clé de succès | Indicateurs |
|---|---|
| Garantir la qualité des matières premières | Taux de livraisons contrôlées conformes au cahier des charges Nombre de réserves portées sur les bons de livraison par mois Taux de satisfaction des clients sur la qualité des matières, mesuré par sondage |
| Limiter les erreurs de livraison | Évolution du nombre de remarques et de réserves Temps passé à rapprocher bons de livraison et bons de commande Nombre de commandes repassées pour corriger une erreur |
| Tenir les engagements de délai | Taux de livraisons décalées par rapport au planning initial Nombre moyen de jours entre la commande et la livraison Durée entre deux commandes de cuir de raisin |
| Maîtriser les coûts d’approvisionnement | Écart entre coût d’achat réel et coût d’achat budgété, par matière Nombre de commandes avec livraison accélérée par mois Stock moyen de cuir de raisin, en tonnes Nombre de commandes regroupées Distance moyenne parcourue par les fournisseurs retenus en circuit court |
Deux facteurs clés de succès et deux indicateurs (nom ou formule) par facteur sont attendus. Tout indicateur cohérent avec le facteur est accepté, sous toute forme visuelle (tableau, graphique).
Dossier 4. Programme de production (4 points)
4.1. Élaborer et résoudre le programme optimal de production pour 2022, selon la méthode de résolution graphique de programmation linéaire (annexe A à rendre avec la copie). Mettre en abscisse les modèles Merlot (X) et en ordonnée les modèles Cabernet (Y).
Dans la fiche Max Compta UE 11 : Optimisation de la production › Programmation linéaire et contraintes de production
Mise en équation
Soit X le nombre de paires Merlot et Y le nombre de paires Cabernet.
- Contrainte de production (5 000 heures = 300 000 minutes) : 3 X + 6 Y ≤ 300 000.
- Contrainte d’approvisionnement (400 tonnes = 400 000 kg) : 5 X + 5 Y ≤ 400 000.
- Contraintes commerciales : X ≤ 70 000 et Y ≤ 40 000.
- Contraintes de positivité : X ≥ 0 et Y ≥ 0.
- Fonction économique à maximiser : Z = 35 X + 50 Y (marge sur coût variable).
Tracé des droites
| Point | 3 X + 6 Y = 300 000 | 5 X + 5 Y = 400 000 |
|---|---|---|
| X = 0 | (0 ; 50 000) | (0 ; 80 000) |
| Y = 0 | (100 000 ; 0) | (80 000 ; 0) |
Graphique (annexe A)

La zone d’acceptabilité est le polygone O, A, B, C, D, E. On fait glisser la droite d’isomarge, de pente −35 / 50 = −0,7, en l’éloignant de l’origine : Le dernier sommet qu’elle touche est C, à l’intersection des contraintes de production et d’approvisionnement.
Marge sur coût variable aux sommets du polygone
| Sommet | Coordonnées (X ; Y) | Marge sur coût variable : 35 X + 50 Y |
|---|---|---|
| A | (0 ; 40 000) | 2 000 000 € |
| B | (20 000 ; 40 000) | 2 700 000 € |
| C | (60 000 ; 20 000) | 3 100 000 € |
| D | (70 000 ; 10 000) | 2 950 000 € |
| E | (70 000 ; 0) | 2 450 000 € |
Le point C résout le système 3 X + 6 Y = 300 000 et X + Y = 80 000 : Y = 20 000 et X = 60 000. Le point B vient de Y = 40 000 dans la contrainte de production, le point D de X = 70 000 dans la contrainte d’approvisionnement.
L’optimum est au point C : Produire 60 000 paires Merlot et 20 000 paires Cabernet, pour une marge sur coût variable de 3 100 000 €.
Les coordonnées des sommets doivent correspondre au graphique tracé ; Elles peuvent être obtenues par le calcul, à la calculatrice ou par lecture graphique. Il faut au moins calculer la marge des points C et D. Les points situés sur les axes peuvent être écartés, à condition de le justifier : D et B ont chacun une coordonnée plus élevée qu’E et A, donc une marge plus forte.
4.2. Au sein d’un même document :
• proposer une analyse chiffrée pour comparer la solution actuelle par rapport à la solution optimale en prenant en compte les contraintes actuelles ;
• en déduire quelle contrainte l’entreprise pourrait envisager de lever pour améliorer son résultat.
Dans la fiche Max Compta UE 11 : Optimisation de la production › Programmation linéaire et contraintes de production
Analyse chiffrée
| Élément | Disponible | Situation actuelle (2021) | Solution optimale |
|---|---|---|---|
| Paires Merlot (marché : 70 000) | 70 000 | 55 000 | 60 000 |
| Paires Cabernet (marché : 40 000) | 40 000 | 18 000 | 20 000 |
| Cuir de raisin (kg) | 400 000 | 365 000 | 400 000 |
| Production (minutes machine) | 300 000 | 273 000 | 300 000 |
| Marge sur coût variable (€) | 2 825 000 | 3 100 000 |
Marge actuelle = 35 × 55 000 + 50 × 18 000 = 2 825 000 € ; marge optimale = 3 100 000 €
La solution optimale utilise tous les moyens disponibles en produisant 60 000 paires Merlot et 20 000 paires Cabernet. La marge sur coût variable passerait de 2 825 000 € à 3 100 000 €, soit 275 000 € de plus (+9,7 %).
Contrainte à lever
Une seule levée de contrainte est attendue ; Toute réponse cohérente est acceptée.
Même en saturant le cuir et les heures machine, la production reste limitée à 60 000 Merlot et 20 000 Cabernet. C’est moins que ce que le marché peut absorber. Une campagne de publicité pour élargir les débouchés serait donc inutile : Le marché n’est pas saturé.
Mieux vaut agir sur les contraintes de production, selon ce qui est faisable. Le cuir de raisin est une matière très spécifique et rare : Il faudra sans doute convaincre de nouveaux fournisseurs de s’y intéresser. Réorganiser les processus de production demande une réflexion interne, qui pourrait aussi améliorer la performance globale et révéler des dysfonctionnements.
Une déduction chiffrée est aussi possible. L’optimum se trouve au croisement des contraintes de production et d’approvisionnement : Il faut raisonner sur la levée de l’une ou de l’autre.
Levée de la contrainte d’approvisionnement (nouveaux fournisseurs, nouvelles matières). Le nouvel optimum se lit au croisement de la contrainte de production et de la contrainte commerciale sur Merlot : Le point (70 000 ; 15 000).
Marge sur coût variable = 70 000 × 35 + 15 000 × 50 = 3 200 000 €
Contrôle : 70 000 × 3 + 15 000 × 6 = 300 000 minutes, soit 5 000 heures. La contrainte de production est saturée.
Levée de la contrainte de production (investissement dans l’équipement, gains de productivité). Le nouvel optimum se lit au croisement de la contrainte d’approvisionnement et de la contrainte commerciale sur Cabernet : Le point (40 000 ; 40 000).
Marge sur coût variable = 40 000 × 35 + 40 000 × 50 = 3 400 000 €
Contrôle : 40 000 × 5 + 40 000 × 5 = 400 000 kg, soit 400 tonnes de cuir. La contrainte d’approvisionnement est saturée.
Les deux levées améliorent la marge sur coût variable, donc le résultat. La levée de la contrainte de production rapporte davantage (3 400 000 € contre 3 200 000 €) : ELA doit d’abord mettre en œuvre des actions pour lever cette contrainte.
Écarts au corrigé officiel
Sur 4 points, cette proposition s’écarte du corrigé officiel du CRCF. Chaque écart repose sur le sujet, un calcul refait ou un texte en vigueur à la date de l’épreuve.
| Question | Point | Corrigé officiel | Cette proposition | Justification |
|---|---|---|---|---|
| 1.1 | Résultat Merlot dans la variante qui raisonne sur le seul centre distribution | « Nouveau résultat 6 275 € » pour Merlot dans le tableau de la variante (repris par | Nouveau résultat Merlot : 52 389 + 9 886 = 62 275 € | 52 389 + 9 886 = 62 275 €, soit le résultat Merlot du calcul complet du CRCF lui-même (663 000 - 600 725 = 62 275 €) et la valeur qu’il commente juste après (9,39 % de profitabilité = 62 275 / 663 000) : chiffre tronqué, contradiction interne |
| 2.2 | Date du point mort sur une année de 365 jours (variante acceptée) | « On acceptera également une base de 365 jours soit le 11 décembre » (repris par | 1 120 000 / 1 200 000 × 365 = 340,67 jours, soit le 7 décembre ; date principale inchangée (336 jours sur 360, le 6 décembre) | En 2022, janvier à novembre comptent 31 + 28 + 31 + 30 + 31 + 30 + 31 + 31 + 30 + 31 + 30 = 334 jours ; le 340,67e jour tombe donc le 7 décembre (contrôle Python : 1er janvier 2022 + 340,67 jours = 7 décembre 2022). Le 11 décembre suppose des mois de 30 jours (330 + 10,67) dans une année de 365 jours, ce qui mélange deux conventions |
| 3.2 | Absence de tarifs dégressifs attribuée au dossier documentaire | « le dossier documentaire mentionne l’absence de tarifs dégressifs » (repris par | Prix du cuir constant, 7 € le kg (document 2), et aucune remise sur quantité prévue par le sujet | Documents 2, 5 et 6 relus en entier : aucune mention de tarif, de remise ni de dégressivité ; le seul prix donné est « le cuir de raisin est acheté 7 € le kg » (document 2). L’idée de prix constants est gardée, sa source est rectifiée |
| 4.2 | Quantité de cuir dans le contrôle de la levée de la contrainte de production | « 400 000 kg de cuir (ou 4 tonnes) » (repris par | 40 000 × 5 + 40 000 × 5 = 400 000 kg, soit 400 tonnes | 400 000 kg / 1 000 = 400 tonnes ; document 7 : volume maximal disponible de « 400 tonnes » ; le CRCF écrit lui-même la contrainte 5 X + 5 Y ≤ 400 000 en 4.1 |
Questions fréquentes
Où télécharger le sujet du DCG 2022 UE 11 ?
Le sujet officiel de l’UE 11 Contrôle de gestion du DCG 2022 se télécharge gratuitement sur cette page, en PDF, sans inscription. Il est reproduit tel que publié pour la session, précédé d’une page de garde Max Compta.
Existe-t-il un corrigé officiel du DCG 2022 UE 11 ?
Le CRCF établit des éléments indicatifs de corrigé, diffusés aux enseignants. Cette proposition de corrigé Max Compta les suit et signale, preuve à l’appui, les 4 points où elle s’en écarte.
Combien de temps dure l’épreuve de l’UE 11 du DCG ?
En 2022, l’épreuve écrite de l’UE 11 Contrôle de gestion durait 4 heures, coefficient 1, d’après le sujet officiel.
Comment réviser l’UE 11 du DCG avec ce sujet ?
Traitez le sujet en temps limité, puis comparez votre copie au corrigé question par question. Sous chaque question, le corrigé indique le chapitre de la fiche Max Compta UE 11 à revoir.
Fiche de révision DCG UE 11 Contrôle de gestion
Le cours de l’UE 11 en fiches synthétiques, avec les questions d’annales classées par chapitre.
Voir la fiche UE 11