DCG 2020 UE 5 Économie contemporaine : sujet et corrigé

DCG 2020 UE 5 Économie contemporaine : sujet et corrigé - Max Compta

DCG 2020 UE 5 Économie contemporaine : sujet et corrigé

Par Max Compta - Correcteur DCG & expert-comptable mémorialiste

Le sujet de l’UE 5 Économie contemporaine du DCG 2020 comptait 2 dossiers : analyse d’un dossier documentaire et question problématisée.

Vous trouverez ici le sujet officiel en PDF et une proposition de corrigé Max Compta, question par question, alignée sur les éléments indicatifs du corrigé officiel du CRCF. L’épreuve durait 4 heures, coefficient 1.

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Sous chaque question, ce corrigé indique le chapitre de la fiche Max Compta UE 5 où la notion est traitée. Vous savez tout de suite quoi revoir, question par question, sans chercher dans votre cours. Extrait gratuit de la fiche UE 5.

Avant de lire
  • Ce document n’est pas le corrigé officiel. Il rédige les réponses du dossier 1 et propose une argumentation complète pour la question problématisée.
  • Les phrases en italique disent ce que le correcteur attend. Certains éléments sont présentés en listes pour la lisibilité : Le jour de l’épreuve, la copie doit être rédigée de bout en bout.
  • Les chiffres qui ne viennent pas des documents du sujet sont signalés comme tels.
  • Barème du sujet : Dossier 1 (analyse d’un dossier documentaire) sur 10 points, dossier 2 (question problématisée) sur 10 points.

Dossier 1. Analyse d’un dossier documentaire (10 points)

1. Caractériser le système productif français.

Dans la fiche Max Compta UE 5 : Objet de la science économique › La Valeur ajoutée (VA)

Attendu : S’appuyer sur les documents 1, 2 et 3, définir le système productif, le décrire (part de la valeur ajoutée marchande et non marchande, taille et secteurs des entreprises, filières), puis faire la synthèse de ses faiblesses actuelles.

Définition

Le système productif, qu’on appelle aussi tissu productif, regroupe tous les acteurs qui participent à la production sur un territoire donné.

Des entreprises de toutes tailles, dans des secteurs variés

On y trouve des grandes entreprises (GE), des entreprises de taille intermédiaire (ETI), des petites et moyennes entreprises (PME) comme D. SAS et des très petites entreprises (TPE). Elles travaillent dans des secteurs très divers, le textile technique par exemple. Leur production est marchande ou non marchande : En 2018, les services principalement marchands fournissent 56,8 % de la valeur ajoutée et les services non marchands 22,3 % (document 1).

Une économie tertiarisée et désindustrialisée

La France a connu, comme beaucoup d’autres pays, la tertiarisation. En 2018, près de 80 % de la valeur ajoutée vient des services, contre la moitié environ en 1950 (document 1). Leur poids a grandi aux dépens du secteur primaire et du secteur secondaire. L’agriculture tombe ainsi de 17,5 % à 1,8 % de la valeur ajoutée.

Le recul de l’industrie manufacturière est le plus inquiétant. Selon le graphique du document 2, elle crée aujourd’hui moins de 15 % des richesses produites en France, alors qu’elle en crée plus de 25 % en Allemagne. C’est la désindustrialisation.

Des échanges extérieurs qui se dégradent

Ce recul pèse sur la balance commerciale (documents 2 et 3). Les entreprises qui exportent sont de moins en moins nombreuses, et la France importe toujours plus de produits agricoles et manufacturés. En 2018, les importations atteignent 755,6 milliards d’euros, pour 737,4 milliards d’exportations (document 3).

Quelques champions de l’exportation subsistent : L’aéronautique, le luxe, les vins et spiritueux. D’autres filières déclinent, comme le textile, l’électronique ou les machines. Enfin, la France semble rater l’essor du numérique, qui pourrait pourtant prendre le relais pour créer des richesses et des emplois (document 2).

Synthèse

Le système productif français a un problème de spécialisation, que ne connaissent pas ses voisins allemand et britannique. Il a du mal à transformer des PME comme D. SAS en ETI, qui exportent plus facilement : La France compte près de 5 800 ETI, l’Allemagne plus de 12 000 (données extérieures au sujet). Il peine aussi à repérer et à accompagner les secteurs d’avenir.

C’est pourquoi l’État et les régions envisagent des politiques publiques ciblées, comme des aides au financement ou le développement de la commande publique, pour orienter le système productif vers ces filières d’avenir.

2. Analyser la contribution de l’investissement des entreprises à l’activité économique.

Dans la fiche Max Compta UE 5 : 4.1. Mesurer la croissance & limites du PIB › Le calcul du PIB

Attendu : S’appuyer sur les documents 3, 4 et 5, définir l’investissement des entreprises (la FBCF au sens strict, ou l’investissement au sens large), analyser sa contribution à la croissance au niveau macroéconomique, puis conclure sur son importance comme facteur de croissance.

Définitions

Pour la comptabilité nationale, l’investissement est la formation brute de capital fixe (FBCF), c’est-à-dire l’acquisition de capital fixe par un agent économique résident. Il prend une forme matérielle ou immatérielle. Dans un sens plus large, investir, c’est engager une dépense qui doit produire des revenus dans le futur.

Les motifs de l’investissement

Le document 4 détaille les motifs des investissements dans l’industrie. En 2018, les entreprises investissent d’abord pour renouveler leurs équipements (30 %), puis pour les moderniser (22 %) et pour accroître leurs capacités de production (16 %).

Des motifs liés à l’environnement s’y ajoutent. D. SAS en est un exemple : Elle modernise ses équipements et cherche en même temps à consommer moins d’énergie, dans une logique de développement durable. En investissant, les entreprises préparent leur compétitivité future dans une économie mondialisée, et plus précisément leur compétitivité hors prix.

La contribution à la croissance

Au niveau macroéconomique, l’investissement progresse vivement en France en 2018 et compte parmi les principaux moteurs de la croissance : Sur une hausse du PIB de 1,7 %, la FBCF apporte 0,6 point, dont 0,5 point pour les seules entreprises non financières (document 3).

Le document 5, publié en 2019, explique ce dynamisme par plusieurs facteurs :

  • Les aides publiques, par exemple le CICE, devenu une baisse de charges au 1er janvier 2019 ;
  • Des taux de marge très élevés : Les entreprises peuvent financer leurs investissements sur leurs propres ressources ;
  • Des taux d’intérêt historiquement bas ;
  • Des anticipations favorables des chefs d’entreprise sur la demande future.

Conclusion

À court terme, l’investissement figure parmi les emplois de l’équilibre ressources-emplois : Il fait partie de la demande et soutient l’activité. À long terme, il accroît les capacités de production et peut devenir une ressource. Son rôle est donc majeur, plus encore si l’on vise un développement durable. Les pouvoirs publics ont de bonnes raisons de prendre des mesures pour le soutenir.

3. Analyser les modes de financement possibles pour les PME.

Dans la fiche Max Compta UE 5 : Agents du système financier & comportements › Les circuits de financement et l’intermédiation

Attendu : S’appuyer sur les documents 5 à 8, définir le mode ou la source de financement (ou les notions d’agent à capacité et à besoin de financement), distinguer les modes de financement (direct, indirect, autres formes), puis faire la synthèse des difficultés des PME et de la pertinence de chaque mode pour elles.

Une PME comme D. SAS a plusieurs solutions pour couvrir son besoin de financement. Elle fait alors appel à des agents qui dégagent une capacité de financement.

Les modes de financement classiques

  • L’autofinancement est le financement interne : L’entreprise paie ses investissements avec ses propres ressources. Les PME peuvent y recourir facilement aujourd’hui, car les taux de marge sont au plus haut (document 5).
  • L’endettement bancaire est un financement externe. Les PME empruntent à des taux historiquement bas : Le taux moyen des crédits à l’équipement est de 1,34 % en septembre 2019, contre 1,41 % un an plus tôt (document 5). Le coût du crédit aux entreprises dépassait 5 % juste après la crise des subprimes et tombe à 1,68 % fin 2019 (données extérieures au sujet). Comme le crédit coûte peu, D. SAS emprunte d’ailleurs à ses banques pour se développer. La banque s’intercale alors entre ceux qui ont besoin de fonds et ceux qui en disposent : C’est le financement intermédié.
  • Bpifrance, banque publique, joue aussi ce rôle d’intermédiaire : Elle a accordé 7,5 milliards d’euros de crédits à l’investissement en 2018 (document 6). L’État et les collectivités territoriales peuvent aussi financer les pôles de compétitivité pour aider des projets innovants (document 7).
  • Dans le financement direct, ou désintermédié, l’entreprise lève des fonds sur les marchés de capitaux en émettant des actions ou des obligations. Les PME n’y ont pas toujours accès.

Les nouvelles sources de financement

  • Le financement participatif (crowdfunding) fait appel à la foule, par une plateforme numérique, pour financer un projet, sous forme de dons, de prêts ou de titres financiers. C’est encore un financement externe. Il convient aux entreprises qui obtiennent difficilement un crédit bancaire, et les PME peuvent y recourir : Sur 1,4 milliard d’euros collectés par les plateformes en 2018, 700 millions sont allés à leur financement (document 8). La loi Pacte installe ces plateformes parmi les grands moyens de financement et devrait accélérer leur essor.
  • Le capital-risque (venture capital) apporte des fonds propres à des entreprises nouvelles ou en cours de création. C’est un levier pour les PME qui ont un fort potentiel de développement. Les documents n’en parlent pas sous ce nom, mais le document 6 montre que Bpifrance intervient aussi au capital des PME.

Conclusion

En théorie, les PME peuvent utiliser les modes de financement classiques comme les nouvelles sources. Leur taille leur ferme pourtant souvent l’accès au financement direct. Les nouvelles formes de financement leur conviennent alors particulièrement.

4. Analyser les effets attendus de la réglementation européenne REACH sur les comportements des acteurs économiques.

Dans la fiche Max Compta UE 5 : 5.3. L’Union européenne › L’articulation des politiques environnementales

Attendu : S’appuyer sur les documents 9 et 10, identifier l’instrument de politique environnementale en cause (la réglementation), expliquer en quoi ce type de mesure corrige les défaillances du marché, puis analyser ses conséquences sur le comportement des différents acteurs.

Un instrument de la politique environnementale

REACH est un règlement européen (n° 1907/2006) qui s’applique à l’industrie de l’Union depuis 2007. Il impose d’inventorier les substances chimiques vendues en Europe, d’en évaluer les risques et de les contrôler. Depuis le 31 mai 2018, fabricants et importateurs doivent enregistrer ces substances : Sans enregistrement, plus de fabrication ni d’importation au-delà d’une tonne par an (document 9). Cette réglementation est un outil de la politique environnementale.

Corriger les défaillances du marché

L’emploi de ces substances dans les processus de production et dans les produits crée des externalités négatives. Dans la logique de Pigou, la réglementation conduit les acteurs du secteur à les internaliser. C’est un moyen de corriger les défaillances du marché.

Imposer une règle relève du pouvoir de contrainte de l’État, qui l’exerce ici pour protéger la santé publique et l’environnement : C’est un ordre public de protection. Le règlement rend aussi l’information plus transparente entre les acteurs du secteur, ce qui réduit l’asymétrie d’information.

Les effets attendus, acteur par acteur

  • Les entreprises du secteur peuvent être poussées à innover. Si elles ne respectent pas REACH, elles doivent cesser d’importer les substances en cause : « pas de données, pas de marché » (document 9). Certaines entreprises du textile vont plus loin que ce que la règle exige. À la veille du G7 de 2019, 147 marques, parmi lesquelles H&M, Zara et Kering, ont signé un « pacte de la mode ». Elles promettent, sans y être obligées, d’atteindre zéro émission nette de CO2 et de n’utiliser que de l’énergie renouvelable dans toute leur chaîne d’approvisionnement (document 10). Cet engagement s’inscrit dans la transition énergétique.
  • Pour les salariés du textile, les conditions de travail et la sécurité devraient s’améliorer.
  • Les ménages sont mieux informés, car les industriels doivent communiquer toutes les informations sur la composition des produits. Le client peut alors être incité à choisir des produits moins nocifs pour l’environnement.
  • Les entreprises situées hors de l’Union européenne peuvent être poussées à innover pour respecter la contrainte environnementale. Elles y perdent à court terme, car cela coûte, mais elles y gagnent à long terme en compétitivité hors prix. REACH peut aussi s’analyser comme une forme de protectionnisme qui freine l’entrée des produits non conformes : Ces entreprises pourraient alors être pénalisées.

Conclusion

Cette mesure de politique environnementale incite donc une partie des entreprises, des salariés et des ménages à changer de comportement.

Dossier 2. Question problématisée (10 points)

Les politiques de soutien à l’innovation des entreprises sont-elles toujours efficaces ?

Dans la fiche Max Compta UE 5 : Histoire économique & grands courants de pensée › Courants majeurs

Ce qu’attend le correcteur

  • Une introduction qui relie le sujet au dossier documentaire et à ses enjeux actuels, définit les termes clés (innovation, politiques de soutien) et annonce le plan ;
  • Un développement en deux ou trois parties utiles au sujet et équilibrées, chacune en deux ou trois sous-parties aux titres apparents, reliées par des transitions ;
  • Dans chaque sous-partie, au moins un argument construit sur un savoir (théorie, outil ou mécanisme expliqué) et appuyé sur un exemple, avec un vocabulaire précis ;
  • Une conclusion qui fait la synthèse des arguments et répond à la problématique, sans ouverture.

Le sujet mobilise de nombreuses compétences du programme, dans les thèmes 1 à 6. Le correcteur regarde surtout si la copie hiérarchise ses arguments au lieu de s’étendre sur des points secondaires.

Introduction

Contexte. D. SAS montre qu’une entreprise soutenue par plusieurs acteurs de l’économie (État, collectivités territoriales, banques) peut croître et innover. Elle reçoit des financements de banques privées et de Bpifrance. La région Auvergne-Rhône-Alpes et le Grand Lyon l’accompagnent de près : Ils ont tout intérêt à garder leurs industries et à en attirer de nouvelles. Elle affronte en même temps une forte concurrence internationale, allemande, américaine et de plus en plus chinoise. Se pose alors la question du rôle de l’État dans le développement des filières porteuses. Face au net recul de l’emploi industriel, les politiques publiques peuvent aider les PME et les ETI nationales à grandir, ou à devenir plus compétitives face à la concurrence étrangère.

Définitions.

  • Schumpeter définit l’innovation comme une idée nouvelle que l’on porte jusqu’au marché. Elle anime le capitalisme et déclenche un processus de destruction créatrice. Pour les théoriciens de la croissance endogène, elle entretient la croissance d’elle-même.
  • Les politiques de soutien à l’innovation supposent une intervention de l’État. Elles relèvent de la politique de l’offre, qui stimule la production par plusieurs moyens : Des aides fiscales comme le crédit d’impôt recherche (CIR), des règles (brevets, marchés publics, concurrence ouverte) et l’aide à la recherche (subventions, recherche publique). Elles agissent donc sur les structures de l’économie.
  • Le soutien ne vient pas seulement de l’État central. Les documents montrent aussi le rôle des collectivités territoriales et de Bpifrance, la banque publique d’investissement. L’Union européenne soutient elle aussi l’innovation. Sa stratégie Europe 2020 prévoit des financements propres, en particulier par la Banque européenne d’investissement.
  • Une entreprise est une unité économique juridiquement autonome. Elle réunit des facteurs de production pour fabriquer des biens ou fournir des services qu’elle vend sur un marché. Il est utile de distinguer les TPE, les PME, les ETI et les grandes entreprises, car le soutien ne produit pas les mêmes effets selon leur taille.

Problématique. Les effets attendus de ces politiques se vérifient-ils toujours, et à quelles conditions ?

Annonce du plan. Ces politiques peuvent donner des résultats (I), mais leur efficacité a des limites (II).

I. Des politiques qui peuvent être efficaces

1. Poser les bases d’une croissance durable et créatrice d’emplois

  • Le progrès technique nourrit la croissance. Dans les modèles de croissance endogène (Romer, Lucas, Barro), l’innovation produit des externalités positives : Ce qu’une entreprise découvre profite aussi aux autres, et la croissance s’entretient d’elle-même. La recherche, la formation et les infrastructures publiques y contribuent.
  • Pour Schumpeter, l’innovation entraîne l’ensemble de l’économie : De nouveaux secteurs naissent pendant que d’autres déclinent. Soutenir l’innovation, c’est favoriser l’essor de secteurs porteurs et des emplois qui vont avec.
  • Ces politiques accompagnent aussi la transition énergétique et servent un développement durable. D. SAS, soutenue par Bpifrance et par sa région, prévoit de remplacer ses anciens métiers à tisser par des machines plus productives qui consomment moins d’énergie.

2. Rendre les entreprises plus compétitives et les territoires plus attractifs

  • Une entreprise qui innove gagne en compétitivité hors prix et résiste mieux aux concurrents étrangers. D. SAS réalise environ la moitié de son chiffre d’affaires hors de France et affronte des rivaux allemands, américains et chinois.
  • Les nouvelles théories du commerce international (Krugman, Brander et Spencer) montrent qu’un État peut aider ses entreprises à prendre l’avantage sur des marchés de concurrence imparfaite : C’est la politique commerciale stratégique. List défendait déjà la protection des industries naissantes ; On peut aussi soutenir des industries vieillissantes.
  • Le soutien rend un territoire plus attractif dans une économie mondialisée. Auvergne-Rhône-Alpes accueille 14 des 56 pôles de compétitivité labellisés en France et 37 450 chercheurs ; Elle est la quatrième région de l’Union européenne pour les demandes de brevets européens (document 7).

3. Des outils variés pour lever les obstacles

  • Les pôles de compétitivité et les clusters rapprochent entreprises, laboratoires et centres de formation.
  • Les aides fiscales réduisent le coût de la recherche : 16 % des entreprises françaises qui bénéficient du CIR ont leur siège en Auvergne-Rhône-Alpes (document 7).
  • Les subventions publiques et les prises de participation de Bpifrance, de l’État ou des collectivités territoriales apportent des fonds aux projets risqués. Bpifrance gère ainsi les 10 milliards d’euros du Fonds pour l’innovation (document 2). La commande publique peut aussi servir : Le gouvernement envisage de réserver 50 % de ses achats dans les filières stratégiques à des produits européens (document 2).
  • L’accès aux financements est facilité, sur les marchés financiers comme sur les plateformes de financement participatif. Leur légalisation en 2014 a permis l’essor du crowdfunding (document 8).
  • La protection de la propriété intellectuelle et industrielle, par les brevets, garantit à l’innovateur qu’il profitera de son innovation, ce qui l’incite à innover.

Ces mesures relèvent surtout de la politique de l’offre, qui agit sur les structures. La politique de la demande, conjoncturelle, peut les compléter en soutenant les débouchés des entreprises.

Transition. Ces politiques ont donc de solides justifications. Leur efficacité n’est pourtant pas garantie.

II. Des politiques qui ont des limites

1. Un État mal placé pour choisir les projets et prendre des risques

  • Les pouvoirs publics ont du mal à sélectionner les bons projets d’investissement innovants, car leur capacité à repérer les secteurs d’avenir est limitée. Bercy a d’ailleurs confié à un cabinet de conseil le soin d’identifier les filières d’avenir du Pacte productif (document 2).
  • Soutenir l’innovation suppose de prendre des risques, que des acteurs publics assument difficilement.
  • Les libéraux critiquent l’intervention de l’État : Les classiques et les néoclassiques, les monétaristes, puis les nouveaux classiques avec les anticipations rationnelles. Niskanen explique l’inefficacité de l’action publique par le comportement des bureaucrates, qui cherchent à accroître leur budget plus qu’à servir l’intérêt général.
  • Une politique industrielle verticale, qui aide certains secteurs plutôt que d’autres, fausse la concurrence aux dépens des entreprises qui ne reçoivent rien.
  • Le soutien peut favoriser les grandes entreprises au détriment des PME.

2. Un coût élevé pour des résultats mitigés

  • Les finances publiques limitent l’effort, car la France affiche un déficit et une dette très élevés : La dette publique devrait atteindre 115 à 120 % du PIB fin 2020 (prévision extérieure au sujet). Selon la façon dont l’État finance sa dette, il risque aussi un effet d’éviction sur les marchés financiers : Ses emprunts captent une épargne qui aurait pu financer les entreprises.
  • Les nouvelles mesures de soutien créent des effets d’aubaine : Des entreprises en profitent pour financer des projets qu’elles auraient menés de toute façon. On le reproche notamment au CIR, dont le coût est élevé.
  • Les résultats des pôles de compétitivité restent mitigés, d’après le bilan publié par France Stratégie en 2017 sur leur effet sur l’effort de recherche et développement des entreprises.

3. Des difficultés de mise en œuvre et des risques à l’international

  • Quel est le bon échelon d’intervention : L’État central, les collectivités territoriales, l’Union européenne ? Le document 2 évoque un meilleur partage des pouvoirs avec les régions, « pour éviter l’éparpillement des compétences ».
  • Avec quels critères évaluer ces politiques ? La question reste ouverte.
  • Le soutien risque de creuser les écarts entre territoires, au profit des régions centrales et au détriment de la périphérie.
  • Le néoprotectionnisme comporte des risques. Krugman montre que les stratégies commerciales des États exposent à des représailles de leurs partenaires. Un conflit commercial peut alors éclater et dégrader le bien-être de tous.

Conclusion

Les politiques de soutien à l’innovation peuvent poser les bases d’une croissance durable, créer des emplois dans des secteurs porteurs et rendre les entreprises nationales plus compétitives, comme le montre le cas de D. SAS. Elles ne sont pas toujours efficaces pour autant. L’État a du mal à choisir les projets à soutenir, ces politiques coûtent cher alors que la dette publique est élevée, et elles créent des effets d’aubaine. Leur efficacité dépend donc de leur ciblage, de l’échelon qui les conduit et de leur évaluation.

Le correcteur attend une synthèse qui répond à la question, sans ouverture.

Autres plans possibles

  • Les effets du soutien à l’innovation à l’échelle nationale (I), puis à l’échelle internationale (II).
  • Des politiques particulièrement nécessaires aux PME et aux ETI (I), qui montrent leurs limites lorsqu’elles soutiennent les grandes entreprises (II).

Écarts au corrigé officiel

Sur 2 points, cette proposition s’écarte du corrigé officiel du CRCF. Chaque écart repose sur le sujet, un calcul refait ou un texte en vigueur à la date de l’épreuve.

Question Point Corrigé officiel Cette proposition Justification
4 Nature juridique de REACH « la directive devrait améliorer les conditions de travail » (effets sur les salariés) Règlement européen n° 1907/2006 Document 9 : « REACH est un règlement européen (règlement n° 1907/2006) » ; EUR-Lex, règlement (CE) n° 1907/2006 du 18 décembre 2006 (source). Un règlement n’est pas une directive : il s’applique directement sans transposition.
4 Objectif climatique du pacte de la mode engagement à atteindre le « zéro émission de CO2 », entre guillemets Zéro émission nette de CO2 (document 10) Document 10 (page 10) : le pacte « vise à atteindre zéro émission nette de CO2 d’ici 2050 ». La citation du CRCF omet « nette ».

Questions fréquentes

Où télécharger le sujet du DCG 2020 UE 5 ?

Le sujet officiel de l’UE 5 Économie contemporaine du DCG 2020 se télécharge gratuitement sur cette page, en PDF, sans inscription. Il est reproduit tel que publié pour la session, précédé d’une page de garde Max Compta.

Existe-t-il un corrigé officiel du DCG 2020 UE 5 ?

Le CRCF établit des éléments indicatifs de corrigé, diffusés aux enseignants. Cette proposition de corrigé Max Compta les suit et signale, preuve à l’appui, les 2 points où elle s’en écarte.

Combien de temps dure l’épreuve de l’UE 5 du DCG ?

En 2020, l’épreuve écrite de l’UE 5 Économie contemporaine durait 4 heures, coefficient 1, d’après le sujet officiel.

Comment réviser l’UE 5 du DCG avec ce sujet ?

Traitez le sujet en temps limité, puis comparez votre copie au corrigé question par question. Sous chaque question, le corrigé indique le chapitre de la fiche Max Compta UE 5 à revoir.

Fiche de révision DCG UE 5 Économie contemporaine

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