DCG 2021 UE 5 Économie contemporaine : sujet et corrigé
Le sujet de l’UE 5 Économie contemporaine du DCG 2021 comptait 2 dossiers : analyse d’un dossier documentaire et question problématisée au choix.
Vous trouverez ici le sujet officiel en PDF et une proposition de corrigé Max Compta, question par question, alignée sur les éléments indicatifs du corrigé officiel du CRCF. L’épreuve durait 4 heures, coefficient 1.
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Sous chaque question, ce corrigé indique le chapitre de la fiche Max Compta UE 5 où la notion est traitée. Vous savez tout de suite quoi revoir, question par question, sans chercher dans votre cours. Extrait gratuit de la fiche UE 5.
- Ce document n’est pas le corrigé officiel. Il rédige les réponses du dossier 1 et propose une argumentation complète pour chacun des deux sujets de la question problématisée.
- En 2021, le dossier 2 laissait le choix entre deux sujets : Le candidat n’en traite qu’un seul.
- Certains éléments sont présentés en listes pour la lisibilité. Le jour de l’épreuve, le correcteur attend une copie construite et rédigée de bout en bout.
- Le jury conseille de travailler les notions fondamentales du programme, de suivre l’actualité économique pendant toute l’année et de s’entraîner à argumenter sur une problématique dans le temps de l’épreuve.
- Les mentions « valorisé » signalent ce que le correcteur récompense sans l’exiger. Les données qui ne viennent pas des documents du sujet sont signalées.
- Barème du sujet : Dossier 1 (analyse d’un dossier documentaire) sur 10 points, dossier 2 (question problématisée, au choix) sur 10 points.
Dossier 1. Analyse d’un dossier documentaire (10 points)
1. Commenter la répartition et l’évolution des dépenses de consommation des ménages.
Dans la fiche Max Compta UE 5 : Agents du système financier & comportements › Épargne et investissement des ménages
Attendu : S’appuyer sur les documents 1, 2, 3 et 12, définir les mots clés (consommation effective, ménage), expliquer les évolutions avec les outils d’analyse de la consommation (coefficients budgétaires, consommation effective, dépenses pré-engagées, revenu arbitrable), puis conclure sur les grands changements de structure.
Définitions
La comptabilité nationale mesure la consommation des ménages par deux agrégats. La consommation finale regroupe ce que les ménages résidents dépensent eux-mêmes pour acheter les biens et les services qui satisfont leurs besoins. La consommation effective y ajoute ce dont ils profitent sans le payer directement : Les dépenses des administrations publiques et des institutions sans but lucratif au service des ménages (ISBLSM) qui peuvent être rattachées à un bénéficiaire, pour l’éducation ou la santé par exemple. Le document 1 raisonne sur cette consommation effective.
Pour l’Insee, un ménage rassemble les personnes, une ou plusieurs, qui vivent habituellement dans le même logement. Analyser la structure de la consommation, c’est suivre les coefficients budgétaires, c’est-à-dire la part de chaque poste dans la dépense totale, et repérer les postes que les ménages privilégient.
Une structure de consommation profondément transformée (documents 1 et 2)
- La part de l’alimentation a été divisée par deux : 27,2 % de la consommation effective en 1960, 13 % en 2019. C’est ce que prévoit la première loi d’Engel : Quand le revenu augmente, la part consacrée à l’alimentation diminue. Le mouvement s’essouffle pourtant depuis le milieu des années 1980. Le document 2 relie la baisse passée à la saturation des besoins alimentaires de la plupart des ménages, puis constate que le poids des dépenses peu compressibles ne bouge presque plus. Le document 1 le confirme : L’alimentation pèse 14,3 % en 1990 et 13 % en 2019.
- Les dépenses pré-engagées prennent une place croissante. Ce sont des dépenses contraintes, difficiles à réduire à court terme : Logement et énergie, télécommunications, assurances, services financiers, cantines. Elles représentaient 15 % de la dépense de consommation finale en 1960, et un peu plus de 34 % en 2016 (document 2). Le logement explique l’essentiel de la hausse : Son poids dans la consommation effective a doublé, de 9,9 % en 1960 à 20 % en 2019 (document 1). Le document 2 y voit un effet prix, avec des loyers en hausse, et un effet volume, avec des logements plus nombreux et de meilleure qualité. Cette évolution contredit la deuxième loi d’Engel, qui annonçait une part du logement stable quel que soit le revenu.
- Les autres dépenses reculent en proportion. Entre 1960 et 2016, la part des dépenses compressibles passe de 52 % à 42 % de la consommation finale, celle des dépenses peu compressibles de 33 % à 24 % (document 2). La consommation se déforme donc vers des postes sur lesquels les ménages ont moins de liberté de choix.
- Les services gagnent du terrain. Outre le logement, la dépense de consommation socialisée passe de 14,6 % à 25 % de la consommation effective entre 1960 et 2019, et les transports de 9,5 % à 12 % (document 1). La consommation socialisée correspond aux services non marchands dont profitent les ménages, l’éducation et la santé surtout. Sa progression montre le poids de l’État-providence en France et illustre la loi de Wagner : Les dépenses publiques augmentent plus vite que le PIB quand le niveau de vie s’élève. Plus largement, la hausse des services traduit la tertiarisation de l’économie.
Des écarts selon le niveau de vie (document 2)
Les dépenses pré-engagées pèsent plus lourd dans le budget des ménages modestes, à cause du logement surtout. En 2011, leur part est plus élevée de trois points pour les 20 % les plus modestes que pour les 20 % les plus aisés. Le revenu arbitrable, ce qui reste une fois ces dépenses réglées, est donc plus faible en bas de l’échelle des revenus. Les dépenses peu compressibles, comme l’alimentation, pèsent elles aussi davantage chez les ménages modestes. Les inégalités de revenu se doublent ainsi d’inégalités dans la liberté de consommer.
De nouvelles habitudes de consommation (documents 3 et 12)
Les ménages changent aussi leur façon de consommer. En 2018, près de 9 Français sur 10 disent avoir déjà consommé des produits biologiques. Ils le font d’abord pour préserver leur santé (69 %), mais aussi pour la qualité et le goût des produits et pour l’environnement (document 3). Les achats deviennent plus responsables : 61 % des Français évitent désormais le gaspillage, 58 % respectent la saison des produits et 52 % privilégient les produits locaux et les circuits courts. Entre 2010 et 2019, la consommation de produits bio a ainsi été multipliée par 3,2 en France (indice 320, base 100 en 2010, document 12). Ces facteurs expliquent une partie de l’évolution du panier des ménages.
Valorisé : Relier ces comportements à l’économie collaborative et à l’économie circulaire.
Conclusion. Depuis 1960, les dépenses pré-engagées, le logement en tête, ont gagné du terrain aux dépens des autres postes, et leur poids est plus lourd pour les ménages modestes. L’essor du bio et des achats responsables modifie peu à peu la composition de la consommation.
2. Analyser la situation de la filière agricole française.
Dans la fiche Max Compta UE 5 : Objet de la science économique › La Valeur ajoutée (VA)
Attendu : S’appuyer sur les documents 4, 5, 6 et 10, définir la filière agricole, analyser sa situation (valeur ajoutée, échanges extérieurs) en repérant ses forces, ses faiblesses et leurs causes, puis conclure sur la dégradation de la situation.
Définition
Une filière réunit les activités qui mènent un produit du stade de la matière première à celui du produit fini. La filière agricole part donc de la culture et de l’élevage et va jusqu’à la transformation agroalimentaire. Sa situation s’apprécie par sa place dans l’activité nationale et par ses échanges avec l’extérieur.
Une filière encore puissante
- La France reste le premier producteur agricole d’Europe, avec 17 % de la production européenne (document 5 pour 2016, document 10 pour 2019).
- Les biens alimentaires dégagent un excédent commercial : 6,5 milliards d’euros en 2016, 6,2 milliards en 2017 et 7 milliards en 2018 (tableau du document 4). La France est donc spécialisée dans ce domaine, ce qui montre le poids de l’agriculture et de l’industrie agroalimentaire dans son économie.
- Ce point fort tranche avec le solde des échanges de biens pris dans leur ensemble (graphique du document 4). Ce solde est presque toujours négatif depuis le début des années 2000, et le déficit se creuse nettement à partir de 2005 : Il dépasse 40 milliards d’euros chaque année depuis 2007 et approche 75 milliards en 2011. La France souffre d’un problème de compétitivité à l’exportation et dépend de certaines importations.
Une situation qui se dégrade
- La production ne progresse plus depuis la fin des années 1990 : La viande bovine et le lait reculent, les céréales plafonnent (document 10).
- Le poids de l’agriculture dans la valeur ajoutée nationale est tombé de 4,1 % en 1980 à 1,6 % aujourd’hui (document 5).
- L’excédent agricole se réduit, au point d’être proche de zéro avec le reste de l’Europe en 2017. Les parts de marché s’effritent : La France est passée du 2e au 6e rang des exportateurs mondiaux entre 1990 et 2015, et sa part des exportations sur le marché européen est tombée de 12,5 % en 2000 à 7,9 % aujourd’hui (document 5). La compétitivité agricole française recule.
Les causes
- Le recul de l’emploi agricole explique en partie la stagnation de la production (document 10).
- La concurrence de pays plus productifs (document 5). L’Allemagne et les pays de l’Est européen développent une agriculture industrielle, automatisée et informatisée, dans de grandes exploitations. L’agriculture française, moins intensive en capital, a du mal à suivre. S’y ajoutent un coût du travail élevé, qui dégrade la compétitivité-prix sur les productions qui demandent beaucoup de main-d’œuvre, des exploitations trop petites pour profiter pleinement des économies d’échelle, et une filière mal intégrée entre les producteurs et l’aval (industrie agroalimentaire, distribution). Le syndicalisme agricole majoritaire met aussi en cause des réglementations environnementales trop contraignantes.
- La perte de terres et la montée des importations. La France a perdu 17 % de sa surface agricole depuis 1961, soit 60 000 km², quand les États-Unis ou la Russie maintenaient la leur (document 10). La production stagne, la part des produits importés augmente et le solde agricole se dégrade, même s’il reste positif. Les accords de libre-échange de l’Union européenne (CETA avec le Canada, accord avec le Mercosur) pourraient encore renforcer la concurrence de pays plus compétitifs en prix sur certains produits.
- La montée du protectionnisme (document 6). Depuis 2018, l’agriculture est l’un des secteurs les plus touchés, notamment par la guerre commerciale entre la Chine et les États-Unis. Les droits de douane renchérissent les produits français vendus à l’étranger. Ils ne forment pourtant qu’un sixième des mesures qui frappent les produits agricoles : Le reste relève de barrières non tarifaires, comme les normes phytosanitaires, qui freinent elles aussi les exportations.
Conclusion. La filière agricole française reste solide, mais elle perd du terrain, dans la richesse nationale comme dans les échanges extérieurs, et les causes de ce recul sont nombreuses.
3. Repérer des défaillances de marché liées à l’activité agricole et identifier des dispositifs permettant d’y répondre.
Dans la fiche Max Compta UE 5 : 2.3. Défaillances de marché & réponses › Externalités
Attendu : S’appuyer sur les documents 3, 7, 8, 9 et 12, définir les défaillances de marché, repérer les activités agricoles qui produisent des externalités négatives et positives, présenter les dispositifs qui y répondent, puis conclure.
Définitions
Il y a défaillance de marché quand le marché, laissé à lui-même, n’aboutit pas à une allocation optimale des ressources. C’est le cas en présence d’externalités, de biens communs, de biens collectifs ou d’asymétries d’information. L’intervention publique peut alors corriger le résultat du marché.
La notion clé est ici l’externalité : L’action d’un ou plusieurs agents modifie le bien-être d’autres agents, sans que cet effet donne lieu à un paiement. L’auteur du dommage ne le paie pas, et celui qui rend un service n’est pas rémunéré.
Les défaillances liées à l’activité agricole
- Des externalités négatives (document 7). Les engrais, le fumier, les nitrates, les phosphates et les pesticides polluent les eaux, y compris souterraines. Selon l’ADEME, l’agriculture serait à l’origine de 40 à 80 % des émissions de gaz à effet de serre de la filière alimentaire. Elle érode les sols, ce qui réduit leur qualité à long terme et peut détruire des ouvrages comme les routes ou les habitations. Elle consomme beaucoup d’énergie fossile : 7 800 euros par an et par exploitation en moyenne, dont 5 100 euros de carburants et de combustibles. Le pollueur ne supporte pas le coût de ces dommages : La collectivité le paie à sa place.
- Des externalités positives (documents 3 et 12). Les exploitations bio apportent une vitalité économique durable aux territoires et répondent à la demande des consommateurs. Leurs exploitants font vivre les campagnes, entretiennent les paysages, protègent la biodiversité et la qualité de l’eau, sans que le marché les rémunère pour ces services.
Valorisé : Voir dans les sols, l’eau et l’air des biens communs. Personne ne peut en être exclu, mais leur usage par les uns réduit ce qui reste aux autres. L’activité agricole peut donc les dégrader.
Les dispositifs qui y répondent
- La réglementation. Avec la nouvelle PAC, toucher les aides européennes supposera, pour tout agriculteur, des normes environnementales beaucoup plus strictes (document 9).
- Les incitations financières. L’Union européenne réserve certaines subventions aux agriculteurs qui font un effort pour l’environnement, par exemple en pratiquant l’agro-écologie, l’agroforesterie ou la gestion des paysages (document 7). La PAC qui doit entrer en vigueur en 2023 rémunère les services rendus à l’environnement par les éco-régimes (document 8), auxquels chaque État devra consacrer au moins 20 % des paiements directs (document 9).
- Des mesures structurelles, qui agissent sur l’offre. Par la PAC, l’Union accompagne les mutations de l’agriculture et encourage le progrès technique : Pesticides intelligents, variétés plus résistantes, lutte intégrée contre les ravageurs, installations photovoltaïques sur les toits des bâtiments d’élevage (document 7). Les réformes récentes verdissent ses aides pour contribuer au développement durable, en faveur de l’agriculture biologique notamment : C’est le volet écologique de la PAC. Son second pilier finance le développement rural, avec la modernisation des exploitations, la formation des agriculteurs et l’agriculture bio (document 8).
Attendu : Associer correctement les références théoriques aux défaillances repérées.
- Marshall a introduit la notion d’effet externe.
- Pigou propose de corriger l’externalité par l’impôt ou par la subvention : Le pollueur paie le dommage qu’il cause (principe pollueur-payeur), et celui qui rend un service est rémunéré, comme avec les éco-régimes.
- Coase montre qu’une fois les droits de propriété définis, les agents peuvent négocier entre eux, ou échanger des droits sur un marché, pour réduire la pollution.
- Hardin décrit la tragédie des communs : En accès libre, une ressource commune comme l’eau ou les sols tend à être surexploitée.
Conclusion. L’activité agricole produit des externalités, négatives surtout, qui conduisent les pouvoirs publics à intervenir. Ils fixent des normes et versent des subventions pour limiter la pollution et rémunérer les pratiques favorables à l’environnement.
4. Caractériser la situation du marché du travail sur le secteur agricole.
Dans la fiche Max Compta UE 5 : 6.1. Le marché du travail et ses déséquilibres › La révolution numérique et l’emploi
Attendu : S’appuyer sur les documents 5, 7, 10, 11 et 12, définir le marché du travail (définition essentielle) et le secteur économique (définition accessoire), caractériser le marché du travail agricole avec des indicateurs, puis conclure sur les destructions et créations d’emplois, la montée des compétences et les perspectives du bio.
Définitions
Le marché du travail désigne la rencontre entre l’offre de travail, celle des personnes qui cherchent à travailler, et la demande de travail, celle des employeurs. Sa situation s’apprécie sous un angle quantitatif (le volume des emplois) et sous un angle qualitatif (les contrats, les qualifications).
Un secteur regroupe les entreprises qui ont la même activité principale dans une nomenclature donnée. Le secteur agricole appartient au secteur primaire.
Approche quantitative : Un emploi en fort recul, mais une activité bio qui recrute
- L’agriculture employait 6,2 millions d’actifs en 1955, soit 30 % de l’emploi total. Elle n’en compte plus que 855 000 aujourd’hui (document 5). Avec l’alimentation, elle représentait près de 12 % de l’emploi total en 1980, contre 5,5 % en 2017 (document 10). Ce recul s’inscrit dans la tertiarisation de l’économie et accompagne la baisse de la part de l’agriculture dans la valeur ajoutée.
- Le bio crée pourtant des emplois. En 2019, il compte 113 740 emplois directs dans les fermes, 13 % de plus qu’en 2018, soit 10 % de l’emploi agricole (document 11). Des emplois disparaissent dans l’agriculture conventionnelle pendant que d’autres naissent dans le bio : C’est le processus de destruction créatrice décrit par Schumpeter.
- Le bio est moins intensif en capital et plus intensif en travail que l’agriculture industrielle, ce qui lui fait créer davantage d’emplois. Selon le recensement agricole de 2010, une ferme bio employait en moyenne 2,41 unités de travail annuel, contre 1,52 pour une exploitation conventionnelle (document 12).
Approche qualitative : Des emplois plus stables et plus qualifiés
- Le travail est moins précaire dans le bio, qui emploie moins de salariés temporaires que l’agriculture conventionnelle et recourt donc moins aux contrats atypiques. Il a aussi davantage besoin de travailleurs qualifiés (document 12).
- Les compétences demandées montent. Les métiers agricoles exigent désormais des connaissances solides en agronomie, en écologie et en économie, ce qui suppose d’investir davantage dans le capital humain (document 7).
- L’État adapte sa politique de formation. Les diplômes de la production agricole, comme le bac pro CGEA et le BTSA ACSE, ont été revus pour intégrer les enjeux de l’agro-écologie et enseigner de nouvelles compétences, par exemple l’amélioration du rendement biologique des sols (document 7).
Valorisé : Parler de polarisation du marché du travail agricole et de progrès technique biaisé, qui profite d’abord aux travailleurs qualifiés ; Mobiliser la théorie du capital humain et celles de la croissance endogène.
Conclusion. L’emploi agricole recule dans l’ensemble. L’essor de la production bio crée toutefois des emplois, et des emplois plus qualifiés.
Dossier 2. Question problématisée au choix (10 points)
1) Le protectionnisme peut-il être une politique économique efficace pour une nation ? ou
2) Est-il possible de concilier transition écologique et croissance économique ?
Sujet 1. Le protectionnisme peut-il être une politique économique efficace pour une nation ?
Dans la fiche Max Compta UE 5 : 7.2. Politiques commerciales et d’attractivité › Le protectionnisme et ses théories
Ce qu’attend le correcteur
- Une introduction qui relie le sujet au dossier 1 et à l’actualité, définit les termes clés (protectionnisme, politique économique, efficacité) et annonce le plan ;
- Un développement en deux ou trois parties utiles au sujet et équilibrées, chacune en deux ou trois sous-parties titrées, reliées par des transitions ;
- Dans chaque sous-partie, au moins un argument construit sur un savoir (théorie, outil ou mécanisme expliqué) et illustré par un exemple, dans un vocabulaire précis ;
- Une conclusion qui fait la synthèse des arguments et répond à la question, sans ouverture.
Introduction
Accroche. Depuis 2018, l’agriculture compte parmi les secteurs les plus touchés par la montée du protectionnisme, sur fond de guerre commerciale entre la Chine et les États-Unis (document 6). Les thèses protectionnistes reviennent en force. Elles portent une vision mercantiliste du commerce, vu comme un jeu à somme nulle où les gains des uns font les pertes des autres, et une défiance envers le multilatéralisme et envers l’OMC, garante du libre-échange mondial. En France, un rapport du Sénat s’inquiète de la part croissante des produits agricoles importés (document 10), que les accords de libre-échange signés par l’Union européenne pourraient encore accroître.
Définitions.
- Le protectionnisme est une politique, et une doctrine, qui protège la nation et ses entreprises de la concurrence étrangère. Certaines mesures défendent le marché intérieur, d’autres aident à conquérir les marchés extérieurs. On distingue le protectionnisme tarifaire (droits de douane), le protectionnisme non tarifaire (quotas, restrictions volontaires d’exportations, normes techniques, sanitaires ou administratives, subventions, dumping) et le protectionnisme monétaire.
- La politique économique regroupe les mesures que prennent les pouvoirs publics pour atteindre des objectifs économiques ou sociaux et réguler l’activité. Ses objectifs conjoncturels tiennent dans le carré magique de Kaldor : Une croissance soutenue et durable, le plein emploi, la stabilité des prix et l’équilibre extérieur. S’y ajoutent des enjeux plus structurels, comme le développement durable ou l’indépendance stratégique du pays.
- Une politique économique est efficace si elle atteint les objectifs qui lui sont fixés.
Problématique. Le protectionnisme améliore-t-il vraiment la situation économique et sociale d’un pays, ou ses effets pervers l’emportent-ils sur ses avantages ?
Autres formulations possibles : Quels enjeux économiques et sociaux le protectionnisme soulève-t-il ? Toutes ses formes se valent-elles en efficacité ? Que pèsent ses avantages face à ses limites ?
Annonce du plan. Le protectionnisme peut servir plusieurs objectifs de politique économique (I). Il présente pourtant des limites qui réduisent son efficacité (II).
I. Une politique qui peut être efficace
1. Protéger l’emploi et préparer la croissance
En freinant les importations, le protectionnisme compense certains effets pervers de la mondialisation. Il préserve des emplois dans les secteurs menacés, et d’abord ceux des salariés les moins qualifiés. Kaldor justifie ainsi la protection des industries vieillissantes : Elle laisse à ces activités le temps de se reconvertir et sauve des emplois pendant la transition. List défend de son côté la protection des industries naissantes, reprise par Perroux. Une jeune industrie a besoin d’être abritée le temps de grandir, de réaliser des économies d’échelle et d’accumuler de l’expérience. Cette protection reste temporaire : Devenue mature, l’industrie peut affronter la concurrence internationale. La Chine a ainsi protégé certaines industries naissantes pour bâtir un modèle de croissance tourné vers les échanges extérieurs.
L’agriculture européenne en donne un autre exemple. Mise en place en 1962, la PAC a protégé le marché européen par la préférence communautaire. Le secteur s’est développé et modernisé, a profité d’économies d’échelle et a pu mieux affronter la concurrence internationale. L’Europe a gagné son autosuffisance alimentaire, et les agriculteurs un niveau de vie décent.
2. Rééquilibrer les échanges et conquérir des marchés
En limitant les importations ou en soutenant les exportations, le protectionnisme améliore le solde extérieur. Les droits de douane rapportent aussi des recettes à l’État, qui peut financer des dépenses structurelles. Le protectionnisme peut enfin corriger un échange inégal. Pour Emmanuel et Amin, le commerce international enrichit certains pays et en appauvrit d’autres, car certaines spécialisations rapportent bien moins que d’autres : Se protéger limite la dégradation des termes de l’échange.
Brander et Spencer (1983), puis Krugman, vont plus loin avec la politique commerciale stratégique. Quand les marchés mondiaux sont en concurrence imparfaite, un État a intérêt à soutenir ses entreprises nationales pour renforcer leur pouvoir de marché et leur faire capter des rentes. Il cible les secteurs qui diffusent le plus d’effets externes positifs dans toute l’économie, pour y construire un avantage comparatif. Sous l’administration Trump, les droits de douane imposés à la Chine et à l’Europe ont ainsi protégé un temps l’économie américaine, notamment ses emplois.
3. Servir le développement durable, dans des formes admises par l’OMC
Des normes, mais aussi des droits de douane, permettent de refuser des produits polluants ou fabriqués de façon polluante. Le protectionnisme devient alors un outil du développement durable : L’Union européenne envisage une taxe « écologique » à ses frontières. Certaines protections sont d’ailleurs admises par l’OMC elle-même : Les mesures de sauvegarde, les mesures antidumping, les subventions et mesures compensatoires, les normes de sécurité. En octobre 2020, son Organe de règlement des différends (ORD) a autorisé l’Union européenne à frapper des produits américains, dans le conflit sur les aides publiques à l’aéronautique et à Boeing en particulier.
Transition. Ces effets positifs restent ciblés et souvent temporaires. Le protectionnisme a aussi un coût, pour les consommateurs comme pour la croissance.
II. Des limites qui réduisent son efficacité
1. Un coût pour les consommateurs
Moins de concurrence étrangère, ce sont des produits plus chers, et parfois de moins bonne qualité. L’analyse des surplus le montre. Un droit de douane augmente à court terme le surplus des producteurs nationaux protégés et les recettes de l’État. Mais le prix intérieur monte, et le surplus des consommateurs baisse davantage que ne progressent les deux autres. Le surplus collectif diminue. Le choix se réduit aussi, alors que les consommateurs apprécient la diversité des produits, comme l’a montré Lassudrie-Duchêne.
2. Une économie moins compétitive et moins innovante
À l’abri de la concurrence, les entrepreneurs sont moins stimulés et innovent moins. Le risque, à long terme, est celui d’une économie sclérosée qui s’essouffle. Or l’innovation fait partie des moteurs de la croissance, chez Schumpeter, dans le modèle de Solow comme dans les théories de la croissance endogène.
Le protectionnisme prive aussi le pays des gains de la spécialisation internationale. Smith (avantages absolus), Ricardo (avantages comparatifs), puis Heckscher, Ohlin et Samuelson (théorème HOS, fondé sur les dotations en facteurs de production) montrent que chaque pays gagne à se spécialiser là où il est relativement le plus efficace, puis à échanger. En freinant la fragmentation des chaînes de valeur, la division internationale du processus productif (DIPP), il empêche enfin les entreprises de répartir les étapes de leur production entre les pays selon leurs avantages comparatifs. Les produits coûtent alors plus cher.
3. Un risque de repli et de guerre commerciale
Le protectionnisme encourage le repli sur soi et le nationalisme. Il appelle des sanctions, et donc des guerres commerciales. Krugman lui-même juge les politiques commerciales stratégiques risquées et peu efficaces en pratique, en raison des représailles qu’elles provoquent. L’histoire le confirme : Au début des années 1930, les mesures protectionnistes prises pour enrayer la dépression l’ont aggravée. La guerre commerciale actuelle entre les États-Unis et la Chine, qui touche aussi l’Union européenne, quoique moins directement, menace de même la croissance de ces pays.
L’OMC, qui a remplacé le GATT en 1995, défend le libre-échange et lutte contre les pratiques protectionnistes, nombreuses dans l’agriculture. Son action souffre cependant de la crise de la gouvernance mondiale, comme le montre le blocage du cycle de Doha.
Conclusion
Le protectionnisme peut atteindre certains objectifs de politique économique : Protéger des emplois menacés, laisser grandir une industrie naissante, rééquilibrer les échanges, écarter des importations polluantes. Ces résultats restent limités et souvent temporaires. Il fait payer le consommateur, freine l’innovation, prive le pays des gains de la spécialisation et l’expose aux représailles. Il n’est donc efficace que ciblé, temporaire et compatible avec les règles du commerce international.
Le correcteur attend une synthèse qui répond à la question, sans ouverture.
Autres plans possibles
- Un protectionnisme aux formes variées, tarifaire et non tarifaire (néo-protectionnisme), aux effets parfois positifs sur l’économie (I), mais aussi des effets pervers, sur les consommateurs, la croissance et la compétitivité des entreprises (II).
- Des effets positifs du protectionnisme (I), qui ne permettent pas pour autant de profiter des gains de l’échange international (II).
Sujet 2. Est-il possible de concilier transition écologique et croissance économique ?
Dans la fiche Max Compta UE 5 : 4.3 Finalités, limites et enjeux : Développement durable › Le développement durable
Ce qu’attend le correcteur
- Une introduction qui relie le sujet au dossier 1 et à l’actualité, définit la transition écologique (le développement durable peut lui servir de définition) et la croissance économique, puis annonce le plan ;
- Un développement en deux ou trois parties équilibrées, avec des sous-parties titrées et des transitions, chaque argument reposant sur un savoir et illustré par un exemple ;
- Une conclusion qui fait la synthèse des arguments et répond à la question, sans ouverture.
Introduction
Accroche. La réforme de la PAC négociée en 2020 veut verdir les pratiques agricoles et accompagner la transition écologique de l’agriculture, avec des normes environnementales plus strictes et des primes pour les exploitations qui vont plus loin (documents 7 à 9). La prise de conscience est pourtant ancienne. Les rapports Meadows (1972) et Brundtland (1987), puis les sommets de la Terre de Rio (1992) et de Johannesburg (2002) en marquent les étapes, face aux limites de la croissance. Aujourd’hui, l’urgence écologique pousse l’État à changer les comportements pour accélérer la transition. En France, il a cherché des solutions avec la Convention citoyenne pour le climat, et la loi Climat et résilience est discutée au Sénat en juin 2021.
Définitions.
- La transition écologique est le passage à un modèle économique fondé sur le développement durable, qui répond aux besoins du présent sans priver les générations futures de la possibilité de répondre aux leurs. Elle donne plus de place aux préoccupations écologiques pour changer le fonctionnement de la société face aux crises économiques et écologiques, comme le dérèglement climatique. Théorisée par Rob Hopkins en 2005, elle repose sur l’idée de résilience et regroupe des notions devenues familières : Transition énergétique, décarbonation, efficacité énergétique, économie circulaire, agriculture biologique, éco-mobilité.
- L’enjeu est de préserver l’environnement et la planète, deux biens communs : Personne ne peut en être exclu, mais leur usage par les uns réduit ce qui reste aux autres. Ils tendent donc à être surexploités, c’est la tragédie des communs décrite par Hardin. L’État dispose de plusieurs outils pour amener producteurs et consommateurs à internaliser leurs externalités négatives : La taxe pigouvienne, la création d’un marché de droits dans la logique de Coase, la réglementation. Tous orientent les comportements individuels vers la transition.
- Pour Perroux, la croissance économique est l’« augmentation soutenue pendant une ou plusieurs longues périodes d’un indicateur de dimension ; Pour une nation : Le produit global brut ou net en termes réels ».
Problématique. La croissance économique peut-elle devenir soutenable, ou la transition écologique oblige-t-elle à y renoncer ?
Autre formulation possible : Croissance économique et transition écologique sont-elles deux processus compatibles ?
Annonce du plan. La transition écologique peut freiner la croissance (I). Elle peut aussi en devenir un moteur (II).
I. Une transition écologique qui peut freiner la croissance
1. Des mesures dissuasives qui pèsent sur la demande
Les outils de la transition (fiscalité écologique, droits à polluer, réglementation) cherchent d’abord à dissuader les comportements polluants. Sur un marché, le prix sert de signal, comme le montrent les néoclassiques. Une taxe pigouvienne, qui applique le principe pollueur-payeur, renchérit les produits visés. Le pouvoir d’achat des ménages baisse et la consommation recule. Or, chez Keynes, la consommation est le premier moteur de la demande globale, donc de la croissance. L’équilibre emplois-ressources de la comptabilité nationale le confirme : Quand la consommation, l’investissement ou les exportations reculent, la production recule aussi.
Les exemples ne manquent pas. Les taxes sur les carburants ont été la première cible de la contestation des gilets jaunes. En octobre 2020, le malus au poids des voitures a fait craindre pour l’industrie automobile : La Convention citoyenne réclamait 10 euros par kilo au-delà de 1 400 kg, et le gouvernement a préféré un seuil plus élevé, fixé à 1 800 kg.
2. Des entreprises moins compétitives
Ces mesures alourdissent les coûts des entreprises et dégradent leur compétitivité-prix. Les exportations, et donc la croissance, en souffrent. Les contraintes environnementales peuvent aussi pousser des entreprises à s’installer dans des pays moins regardants : C’est le dumping environnemental, qui détruit des emplois en France et crée du chômage. L’Union européenne discute justement d’une taxe carbone à ses frontières pour y répondre. Dans l’agriculture, les syndicats majoritaires jugent les normes environnementales trop contraignantes (document 5) : Selon eux, elles pèsent sur la productivité du secteur, donc sur la croissance. Les États-Unis sont même sortis de l’accord de Paris, que l’administration de Donald Trump jugeait trop coûteux pour le pays.
3. Des politiques publiques qui concilient mal les deux objectifs
Les pouvoirs publics tranchent souvent en faveur de la croissance. Plusieurs propositions de la Convention citoyenne n’ont pas été retenues, pour ne pas pénaliser des secteurs stratégiques comme l’automobile ou l’aérien. L’école des choix publics (Buchanan, Tullock) rappelle que l’État n’est pas un décideur parfait : Ses choix subissent des biais, et ses défaillances s’ajoutent à celles du marché.
Pour les tenants de la soutenabilité forte, la conciliation est même impossible. Le progrès technique ne peut pas compenser l’épuisement du capital naturel : Il faut changer à la fois le modèle de croissance et la société. Georgescu-Roegen, Latouche ou Harribey appellent ainsi à sortir du modèle actuel, certains jusqu’à la décroissance.
Transition. Ces freins sont réels, mais ils ne disent pas tout. Bien conduite, la transition peut aussi créer de l’activité.
II. Une transition écologique qui peut porter la croissance
1. Des incitations et des investissements publics qui soutiennent l’activité
Subventions, exonérations, déductions et réductions d’impôt soutiennent la consommation des ménages. Le crédit d’impôt pour la transition énergétique (CITE) a ainsi aidé les ménages à financer des travaux de rénovation énergétique dans leur résidence principale. Le bonus écologique aide à acheter une voiture électrique ou hybride, dans la limite de 6 000 euros. Par l’effet multiplicateur décrit par Keynes, une dépense initiale entraîne une hausse plus forte du revenu national : C’est la relance par la demande.
Après la crise sanitaire, l’investissement public prend le relais. Le plan France Relance consacre environ 30 milliards d’euros à l’écologie. L’Union européenne, avec son plan Next Generation EU, se fixe l’objectif de consacrer 30 % de ses dépenses à la transition verte. Les États investissent ainsi dans la transition pour relancer l’activité tout en la verdissant. La PAC, premier poste du budget européen, dont la France est l’un des principaux bénéficiaires, renforce elle aussi ses mesures écologiques (documents 8 et 9).
2. De nouvelles activités et une compétitivité renforcée
La transition fait naître de nouveaux secteurs, les éco-activités : Recyclage, traitement des déchets, réparation. Elle crée des emplois, dont certains ne peuvent pas être délocalisés, dans l’agriculture par exemple. Elle favorise des logiques économiques nouvelles, l’économie circulaire et l’économie de la fonctionnalité, qui permettent de produire en ménageant les ressources.
Elle renforce aussi la compétitivité des entreprises. À long terme, un usage plus efficace des matières premières réduit les coûts (compétitivité-prix), et une image écologique améliore la compétitivité hors prix. Elle sécurise leurs approvisionnements en ressources naturelles, condition de leur activité à long terme, et leur ouvre une nouvelle source de financement, les obligations vertes. Pour un territoire, elle peut devenir un facteur d’attractivité et une source de recettes fiscales.
Les analyses des défaillances de marché (Pigou, Coase, Hardin, Ostrom) éclairent ce mouvement. L’agriculture biologique produit des externalités positives et préserve des biens communs, comme l’eau et les sols, tout en faisant vivre les territoires (document 12). Rémunérer ces services, comme le font les éco-régimes de la PAC, encourage des pratiques à la fois écologiques et créatrices d’emplois.
3. L’innovation, moteur d’une croissance soutenable
Les exigences environnementales poussent les entreprises à innover, pour trouver de nouvelles sources d’approvisionnement et respecter de nouvelles normes. Et l’innovation nourrit la croissance. C’est la destruction créatrice de Schumpeter : Des activités vertes remplacent les anciennes. Les théories de la croissance endogène (Barro, Lucas, Romer) montrent que l’innovation, le capital humain et les infrastructures entretiennent la croissance à long terme. Aghion fait de l’innovation à la frontière technologique, stimulée par la concurrence, le moteur de la croissance.
C’est la logique de la soutenabilité faible, défendue notamment par Stiglitz : Le progrès technique peut compenser l’usure du capital naturel. Les travaux empiriques de Grossman et Krueger (1993 et 1995) vont dans ce sens. Ils mettent en évidence une courbe de Kuznets environnementale, en U inversé, qui relie le revenu par habitant d’un pays à ses émissions de polluants : La pollution augmente d’abord avec le développement, puis diminue.
Ne rien faire coûterait d’ailleurs cher à la croissance. Le prix Nobel d’économie attribué en 2018 à Nordhaus, pionnier de l’analyse du lien entre climat et économie, a remis ce sujet en lumière. Selon le Trésor (Trésor-Éco n° 262, juillet 2020), à politiques environnementales inchangées, le scénario central du GIEC prévoit une hausse des températures de 2,5 °C d’ici 2050, qui pourrait atteindre 5 °C en 2100, en comparaison de l’ère préindustrielle. Toutes les estimations concluent à un effet négatif sur le PIB mondial, d’ampleur très variable : Une perte de 15 % en 2050 et de 30 % en 2100 selon certaines méthodes, de 4 % en 2100 et nulle en 2050 selon d’autres.
Conclusion
À court terme, la transition écologique a un coût pour la croissance : Elle renchérit les produits, pèse sur la compétitivité et impose à l’État des arbitrages difficiles. Elle peut pourtant devenir un moteur de croissance, grâce aux incitations, aux investissements publics, aux nouvelles activités et à l’innovation, d’autant que l’inaction coûterait encore plus cher. Concilier les deux est donc possible, à condition que l’État oriente les comportements par des outils bien choisis et que la croissance change de contenu pour devenir soutenable.
Le correcteur attend une synthèse qui répond à la question, sans ouverture.
Autres plans possibles
- La transition écologique ouvre de nouvelles opportunités de croissance (I), mais elle comporte des risques pour la croissance (II).
- Une croissance intensive qui ne peut pas s’accorder avec la transition écologique (I), puis les conditions pour qu’elle devienne soutenable et inclusive (II).
- Une transition aux effets ambivalents sur la croissance (I), puis l’État comme artisan de la conciliation entre les deux (II).
Écarts au corrigé officiel
Sur 4 points, cette proposition s’écarte du corrigé officiel du CRCF. Chaque écart repose sur le sujet, un calcul refait ou un texte en vigueur à la date de l’épreuve.
| Question | Point | Corrigé officiel | Cette proposition | Justification |
|---|---|---|---|---|
| 1 | Document qui explique la hausse de la part du logement | « Le document 1 apporte un élément de réponse dans le texte : la hausse des loyers et de la qualité des logements » | Effet prix (hausse des loyers) et effet volume (logements plus nombreux et de meilleure qualité), rattachés au document 2 | Sujet, page 5 : le document 1 est un tableau de coefficients sans texte explicatif ; l’explication par l’effet prix (loyers) et l’effet volume (qualité et quantité des logements) figure au premier paragraphe du document 2. |
| 2 | Seuil des 40 milliards d’euros de déficit commercial | « Depuis 2006, ce déficit dépasse largement les 40 milliards d’euros » | Solde des biens presque toujours négatif depuis le début des années 2000, déficit qui se creuse nettement à partir de 2005, au-delà de 40 milliards d’euros chaque année depuis 2007, près de 75 milliards en 2011 | Graphique du document 4 (page 7 du sujet, lu en image à 300 dpi) : barres d’environ 24 milliards de déficit en 2005, 30 en 2006, 43 en 2007, 56 en 2008, puis entre 43 et 75 milliards jusqu’en 2018. En 2006, le déficit reste sous 40 milliards ; en 2007, 2015 et 2016, il ne les dépasse que de peu. |
| 4 | Année de la hausse de 13 % des emplois bio dans les fermes | « +13 % d’emplois en 2018 » | 113 740 emplois directs dans les fermes en 2019, 13 % de plus qu’en 2018 | Document 11 (page 11 du sujet) : « En 2019, on estime que le secteur bio emploie [...] 113 740 emplois directs dans les fermes, soit +13 % par rapport à 2018 » : la hausse est celle de 2019 par rapport à 2018. |
| 4 | Unité de mesure du travail dans les fermes bio | « 2.41 unités de travail par hectare bio contre 1.52 pour les exploitations conventionnelles » | 2,41 unités de travail annuel par ferme bio, contre 1,52 par exploitation conventionnelle (recensement agricole de 2010) | Document 12 (page 11 du sujet) : « les fermes bio employaient en moyenne 2,41 unités de travail annuel au lieu de 1,52 dans les exploitations conventionnelles » : la mesure est par exploitation, pas par hectare. |
Questions fréquentes
Où télécharger le sujet du DCG 2021 UE 5 ?
Le sujet officiel de l’UE 5 Économie contemporaine du DCG 2021 se télécharge gratuitement sur cette page, en PDF, sans inscription. Il est reproduit tel que publié pour la session, précédé d’une page de garde Max Compta.
Existe-t-il un corrigé officiel du DCG 2021 UE 5 ?
Le CRCF établit des éléments indicatifs de corrigé, diffusés aux enseignants. Cette proposition de corrigé Max Compta les suit et signale, preuve à l’appui, les 4 points où elle s’en écarte.
Combien de temps dure l’épreuve de l’UE 5 du DCG ?
En 2021, l’épreuve écrite de l’UE 5 Économie contemporaine durait 4 heures, coefficient 1, d’après le sujet officiel.
Comment réviser l’UE 5 du DCG avec ce sujet ?
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