DCG 2026 UE 5 Économie contemporaine : sujet et corrigé
Le sujet de l’UE 5 Économie contemporaine du DCG 2026 comptait 2 dossiers : analyse d’un dossier documentaire et question problématisée.
Vous trouverez ici le sujet officiel en PDF et une proposition de corrigé Max Compta, question par question, alignée sur les éléments indicatifs du corrigé officiel du CRCF. L’épreuve durait 4 heures, coefficient 1.
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Sous chaque question, ce corrigé indique le chapitre de la fiche Max Compta UE 5 où la notion est traitée. Vous savez tout de suite quoi revoir, question par question, sans chercher dans votre cours. Extrait gratuit de la fiche UE 5.
- Ce document n’est pas le corrigé officiel. Il rédige les réponses du dossier 1 et propose un plan détaillé pour la question problématisée.
- Certains éléments sont présentés en listes pour la lisibilité. Le jour de l’épreuve, le correcteur attend une réponse structurée et entièrement rédigée.
- Le jury conseille de bien maîtriser les notions de base du programme, de suivre l’actualité économique tout au long de l’année et de s’entraîner à argumenter sur une problématique dans le temps de l’épreuve.
- Barème du sujet : Dossier 1 (analyse d’un dossier documentaire) sur 9 points, dossier 2 (question problématisée) sur 11 points.
Dossier 1. Analyse d’un dossier documentaire (9 points)
1. Expliquer l’évolution de la productivité du facteur travail en France de 2017 à aujourd’hui.
Dans la fiche Max Compta UE 5 : 4.2. Déterminants de la croissance › Efficacité des facteurs : Productivité et PGF
Définition. La productivité du travail rapporte la richesse produite à la quantité de travail utilisée pour la produire. Rapportée au nombre de personnes en emploi, c’est la productivité par tête, celle du document 1. Rapportée aux heures travaillées, c’est la productivité horaire, plus précise quand la durée du travail varie ; Les documents utilisent les deux mesures. Elle compte parmi les principaux moteurs de la croissance potentielle d’une économie.
I. Depuis 2020, un décrochage sans précédent
Le graphique de l’OFCE (document 1) permet de découper la période 2017-2024 en trois temps.
- De 2017 à 2019, la France et la zone euro avancent au même rythme. La productivité suit la tendance observée depuis 2010, soit une hausse de 0,5 % à 0,6 % par an (document 2). Ce rythme était déjà plus lent que celui de la décennie 2000-2010, qui atteignait 0,85 % par an (document 3).
- En 2020, la crise sanitaire fait chuter brutalement la productivité dans les deux zones : En France, l’indice passe d’environ 100 à 86 (document 1).
- Les deux courbes se séparent ensuite, et la France recule bien plus que ses voisins. Selon l’Insee, sa productivité par tête reste en 2023 inférieure de 3,5 % à celle de 2019, et de 5,5 % si l’on prolonge la tendance d’avant la crise (document 2). L’OFCE parvient à un ordre de grandeur voisin par un autre calcul : Près de 6 points perdus entre fin 2019 et fin 2022, par rapport à la tendance de 0,85 % par an de la décennie 2000 (document 3). Dans la zone euro, le retard sur la décennie précédente est d’environ un point (document 2). Fin 2024, la productivité par tête française revient à peu près à son niveau de 2017 (document 1).
II. Des causes propres à la France
Le recul s’explique d’abord par un emploi qui progresse bien plus vite que la production. Entre 2019 et 2023, l’emploi augmente de 6,1 % en France contre 2,8 % dans la zone euro, alors que le PIB progresse à peu près autant de part et d’autre (+2,4 % en France, +2,5 % dans la zone euro). Si l’on emploie plus de monde pour produire à peu près la même quantité, la production par personne baisse forcément. Le document 2 relie cette situation à plusieurs facteurs :
- L’essor de l’apprentissage : Les contrats en alternance augmentent de 60 % entre 2019 et 2023. Moins expérimentés et en formation une partie du temps, les alternants produisent moins qu’un salarié confirmé, mais les statistiques les comptent comme des salariés à temps plein ;
- La tertiarisation plus rapide de l’économie et le recul de l’industrie : La productivité des services est souvent bien plus faible que celle de l’industrie, sauf pour les emplois très qualifiés ;
- La rétention de main-d’œuvre : Face aux difficultés de recrutement, beaucoup d’entreprises ont gardé leurs salariés pendant la crise, aidées par un chômage partiel très généreux ;
- La baisse du chômage, d’abord chez les personnes les moins qualifiées et les plus éloignées de l’emploi, ce qui pèse sur la productivité moyenne ;
- L’essor de l’auto-entrepreneuriat, qui compte en emploi des personnes sans activité ou en sous-activité ;
- Le maintien d’entreprises « zombies », qui ont survécu grâce aux aides du « quoi qu’il en coûte ».
D’autres causes, absentes du dossier, peuvent être avancées. La flexibilisation du marché du travail favorise les créations d’emplois, mais la flexibilité salariale qui l’accompagne peut peser sur la productivité. La théorie du capital humain, liée à la croissance endogène, pointe aussi un problème de qualification de la main-d’œuvre : Les élèves français sont mal classés dans les comparaisons internationales de compétences, et le système scolaire les oriente trop peu vers les filières scientifiques, sources d’innovation.
III. Des effets durables, une reprise encore fragile
Le document 3 rappelle que la croissance et l’amélioration du niveau de vie viennent des gains de productivité. Une productivité qui stagne limite la hausse des salaires réels et fragilise l’équilibre des retraites, puisque les projections du COR supposent une progression de 1 % par an. Le titre de la note de l’OFCE d’où provient le document 1 (« La productivité retrouve des couleurs », 2025) laisse tout de même voir un début de reprise en 2024. Ce rebond reste trop faible pour rattraper le retard accumulé.
2. Évaluer l’efficacité de la taxation des boissons sucrées en France.
Dans la fiche Max Compta UE 5 : 2.3. Défaillances de marché & réponses › Externalités
La taxation est un prélèvement obligatoire que les pouvoirs publics opèrent sur les agents économiques. Elle finance les dépenses publiques, mais elle peut aussi chercher à détourner les consommateurs de pratiques nuisibles, comme pour l’alcool ou le tabac. Elle est efficace si elle atteint l’objectif qui lui est fixé. La taxe sur les boissons sucrées obéit à la logique pigouvienne. La consommation de ces boissons produit une externalité négative : Obésité, diabète, maladies cardio-vasculaires, problèmes de dentition. Ces problèmes de santé touchaient deux milliards de personnes en 2016, dont 70 % dans des pays pauvres ou émergents. Ils réduisent l’espérance de vie et la productivité, et alourdissent les dépenses de santé. En rendant le produit plus cher, l’État corrige cette défaillance du marché et cherche à changer les comportements des consommateurs (document 4). L’efficacité de cet outil reste toutefois soumise à des conditions.
I. Deux conditions pour que la taxe fonctionne
Le document 5 souligne deux points d’attention.
- La taxe doit être répercutée dans le prix de vente, ce qui n’a rien d’automatique : Tout dépend de la structure du marché et de l’existence de produits de substitution. Si elle n’est répercutée qu’en partie, le signal prix s’affaiblit et la politique fiscale perd son effet.
- La baisse de la consommation ne suit pas mécaniquement la hausse du prix : Tout dépend de la réaction des consommateurs, mesurée par l’élasticité-prix de la demande. D’après une méta-étude de 2022, elle vaut −1,59 en France pour les boissons sucrées (document 5) : Une hausse de prix de 1 % fait reculer la consommation de 1,59 %. La demande est donc élastique, puisque l’élasticité dépasse 1 en valeur absolue, et l’outil fiscal devrait en principe produire son effet.
Le document 5 en déduit deux consignes : La hausse du prix doit être substantielle, et d’autant plus forte que les principaux consommateurs sont peu sensibles au prix.
II. Une efficacité qui varie selon la tranche du barème
Le barème 2026 (document 6) taxe les boissons de façon très différente selon leur teneur en sucre. Ramené au litre, il donne les montants suivants.
| Sucres ajoutés pour 100 litres | Tarif 2026 (€ pour 100 L) | Montant par litre | Par rapport à 0,20 € le litre |
|---|---|---|---|
| Moins de 5 kg | 4,07 | 0,04 € environ | Très en dessous |
| De 5 à 8 kg | 21,38 | 0,21 € | Un peu au-dessus |
| Plus de 8 kg | 35,63 | 0,36 € | Au-dessus |
Le seuil de 0,20 € par litre est celui que retient l’Inrae dans son évaluation de la taxe française : À ce niveau, la consommation de sucre baisserait de plus de 2 kg par an en moyenne, et de plus de 5 kg pour les 5 % d’adultes les plus en surpoids (document 5). La taxe a donc sans doute peu d’effet sur la première tranche. Elle devient plus efficace à partir de la tranche intermédiaire, et son effet est le plus net sur les boissons les plus sucrées.
III. Des résultats encourageants, qui restent à améliorer
Au Mexique et au Royaume-Uni, des taxes du même type ont fait reculer l’obésité (document 4). Le document 7 montre de son côté que les recettes de la taxe soda ont augmenté de 16,5 % entre 2018 et 2023. Les recommandations de la Banque mondiale (document 4) et les travaux de l’Inrae (document 5) désignent deux leviers prioritaires pour améliorer l’effet de la taxe sur la santé : L’appliquer à un plus grand nombre de boissons et en relever le niveau.
IV. Des limites et des effets indirects
La taxe a aussi des limites. Elle pèse plus lourdement sur le pouvoir d’achat des ménages modestes, souvent plus gros consommateurs de ces boissons. La consommation peut se reporter sur d’autres produits sucrés, qu’il faudrait alors taxer aussi. Sur un marché très concurrentiel, les producteurs peuvent rogner leurs marges au lieu de relever leurs prix : L’État encaisse des recettes, mais le signal prix s’affaiblit, et les producteurs ont moins de moyens pour investir. Le barème progressif peut en revanche inciter les fabricants à réduire la teneur en sucre de leurs boissons, en commençant par les plus sucrées, pour passer dans une tranche moins taxée (document 6). À plus long terme, une consommation en baisse devrait réduire les dépenses de santé.
Conclusion. La taxe devrait faire reculer la consommation des boissons les plus sucrées et amener les fabricants à revoir leur offre, tout en procurant des recettes à l’État, au moins pour un temps. Son effet reste faible sur la tranche la moins taxée.
3. Analyser les différents leviers de réduction du déficit public de la France.
Dans la fiche Max Compta UE 5 : 5.2. Politiques économiques : Objectifs, instruments, impacts › Les instruments à disposition
Le déficit public correspond au montant de dépenses des administrations publiques qui n’est pas couvert par leurs recettes au cours d’une année. Le document 8 montre un solde public négatif chaque année depuis le milieu des années 1970. Chaque crise le creuse davantage : Plus de 7 % du PIB en 2009, près de 9 % en 2020. Après une amélioration jusqu’en 2022, le déficit se creuse de nouveau en 2023 et en 2024, vers 6 % du PIB. Auditionné en septembre 2024, le premier président de la Cour des comptes, Pierre Moscovici, juge la situation « vraiment inquiétante ». Faute de mesures de correction, le déficit pourrait selon lui monter à 6,2 % du PIB en 2025 (document 9), très au-dessus de la limite de 3 % fixée par le Pacte de stabilité et de croissance. L’OCDE, qui constate l’envolée de la dette publique dans le monde, réclame de son côté des « mesures décisives » pour assurer la viabilité de la dette (document 10). La charge de la dette ajoute une contrainte : Les taux d’intérêt restent élevés (document 10), et un État trop endetté perd ses marges de manœuvre (document 9).
I. Maîtriser la dépense en jouant sur sa qualité plutôt qu’en coupant partout
Pierre Moscovici rejette une baisse brutale appliquée de la même façon à toutes les dépenses. Il demande d’agir sur la « qualité de la dépense », pour que « chaque euro d’argent public dépensé soit une dépense de qualité » (document 9). Une coupe brutale serait en effet risquée : La dépense publique soutient la demande, donc la croissance et les rentrées fiscales, et elle réduit les inégalités. Pour lui, l’austérité « affaiblit » et « appauvrit » l’État. Agir sur la qualité de la dépense peut passer par une revue de l’utilité de chaque poste, la suppression de ce qui fait double emploi et la priorité donnée aux investissements dont le rendement économique et social est le plus élevé. L’OCDE juge elle aussi « nécessaire de déployer davantage d’efforts pour maîtriser les dépenses », face à des difficultés budgétaires qui tiennent notamment au vieillissement démographique et aux politiques liées au changement climatique (document 10).
II. Augmenter les recettes, mais avec précaution
L’OCDE recommande aussi aux États d’augmenter leurs recettes, en particulier par les impôts indirects, les taxes environnementales et les impôts sur le patrimoine (document 10). En France, ce levier se heurte à une limite forte : Le taux de prélèvements obligatoires est déjà « très élevé » et le consentement à l’impôt reste « fragile » (document 9). Pierre Moscovici ajoute pourtant que le sujet « n’est pas tabou », en particulier pour financer la transition écologique et au nom de la justice fiscale (document 9). Des hausses ciblées restent donc possibles. La taxation du patrimoine et des plus riches revient ainsi dans le débat, en France comme à l’étranger, après une envolée des cours boursiers qui a profité aux plus fortunés (document 10), et alors que la politique de l’offre n’a pas apporté la croissance attendue (document 9). Une hausse générale des impôts pourrait au contraire freiner l’activité et, à terme, faire baisser les recettes.
III. Compter sur la croissance, un levier incertain
Une croissance plus forte réduirait le déficit sans hausse des taux d’imposition : Les recettes fiscales augmentent avec l’activité, et certaines dépenses reculent sous l’effet des stabilisateurs automatiques. Pierre Moscovici ne croit pas pour autant à un « remède miracle par la croissance », qu’il voit plafonner « autour de 1 % » dans les années qui viennent (document 9).
Conclusion. Aucun levier ne suffit seul : Il faut les combiner, mais pas à pas. Selon Pierre Moscovici, ramener le déficit sous les 3 % dès 2027 ne serait « ni possible, ni souhaitable, ni vertueux » (document 9).
Dossier 2. Question problématisée (11 points)
Faut-il flexibiliser le marché du travail pour réduire le chômage ?
Dans la fiche Max Compta UE 5 : 6.2. Les politiques de l’emploi et la flexibilité › La flexibilité du marché du travail
Méthode
Un sujet formulé en « Faut-il… ? » appelle une réponse nuancée, et non une liste de mesures. Le correcteur accepte tout plan qui répond à la question, en deux ou trois parties à peu près équilibrées. Le plan dialectique (thèse, antithèse, synthèse) retenu ici convient bien à ce type de question.
Pour obtenir une bonne note :
- Donner à chaque partie deux ou trois sous-parties aux titres apparents, et relier les parties par des transitions ;
- Bâtir chaque sous-partie sur au moins un argument : Une théorie, un outil ou un mécanisme expliqué, puis illustré par un exemple. Nommer les auteurs et s’en servir pour démontrer, au lieu de les énumérer ;
- Employer le vocabulaire exact : Flexibilité interne et flexibilité externe, chômage frictionnel, structurel, conjoncturel et d’équilibre, trappe à pauvreté, effet de déqualification, politiques actives et passives de l’emploi, flexicurité ;
- Avec un plan en trois parties, construire une vraie synthèse : Ne pas se contenter de dire « il faut les deux », mais démontrer que la flexibilisation ne marche qu’à certaines conditions. C’est ce qui répond directement à la problématique ;
- Conclure par une synthèse des arguments qui répond à la problématique, sans ouverture.
Introduction
Accroche. Début 2026, le taux de chômage tourne autour de 8 %, alors que les réformes se sont enchaînées.
Définitions. Pour l’analyse néoclassique, le marché du travail est le lieu où se rencontrent l’offre de travail des ménages et la demande de travail des entreprises ; S’y fixent le niveau de l’emploi et le salaire réel. La flexibilité du marché du travail est la capacité à adapter l’emploi, les salaires et le temps de travail. Flexibiliser ce marché, c’est remettre en cause des rigidités nées d’une réglementation protectrice de l’emploi : Conditions d’embauche et de licenciement, coût du travail, conditions d’utilisation de la main-d’œuvre. Le chômage traduit un déséquilibre du marché du travail, où l’offre de travail dépasse la demande ; On le mesure au sens du BIT. Il peut être frictionnel, structurel ou conjoncturel, volontaire ou involontaire.
Tension du sujet. Les réformes libérales promettent un marché du travail plus fluide, mais les faits sont plus partagés.
Problématique. Dans quelle mesure la flexibilisation du marché du travail est-elle une condition nécessaire et suffisante pour faire reculer le chômage ?
Annonce du plan. La flexibilisation est d’abord présentée comme le remède néoclassique au chômage (I). Cette réponse se révèle pourtant insuffisante, voire contre-productive (II). La flexicurité montre enfin à quelles conditions la flexibilité devient efficace (III).
I. La flexibilisation, remède néoclassique à un chômage né des rigidités
1. Le diagnostic : Un chômage volontaire, causé par des rigidités
- Dans l’approche néoclassique, le marché du travail est concurrentiel. Le chômage d’équilibre vient de rigidités institutionnelles qui empêchent le prix du travail, le salaire, de s’ajuster.
- Le SMIC fixe un salaire plancher au-dessus du salaire d’équilibre, et l’offre de travail dépasse alors la demande.
- La protection de l’emploi rend le licenciement coûteux. Les entreprises embauchent moins, de peur de ne pas pouvoir réduire leurs effectifs quand la conjoncture se retournera.
- Selon la théorie des insiders et des outsiders, les salariés en place défendent leurs conditions d’emploi aux dépens de ceux qui cherchent un emploi.
2. Deux formes de flexibilité et les effets qu’on en attend
- La flexibilité externe facilite les embauches et les licenciements, développe les CDD et l’intérim et réduit le coût des ruptures de contrat.
- La flexibilité interne passe par la modulation du temps de travail, par des salaires qui suivent la conjoncture et par la polyvalence.
- L’effet attendu : Une entreprise embauche plus volontiers si elle sait qu’elle pourra ajuster ses effectifs.
- Un marché plus fluide réduit aussi le chômage frictionnel : Offres et demandes d’emploi se rencontrent plus vite (théorie de l’appariement de Diamond, Mortensen et Pissarides).
3. Des résultats observés qui vont dans ce sens
- En Allemagne, les réformes Hartz (2003-2005) ont rendu le marché du travail plus flexible, et le chômage a fortement baissé dans le même temps. Cette baisse s’est accompagnée d’une hausse du nombre de travailleurs pauvres et des emplois précaires (mini-jobs).
- En France, les ordonnances Macron de 2017 ont plafonné les indemnités prud’homales pour rendre les embauches moins risquées pour l’employeur.
- Friedman défend l’existence d’un taux de chômage naturel : Un chômage structurel incompressible, qui dépend des rigidités du marché (droit du travail, niveau des allocations, pouvoir de négociation). Réduire ces rigidités ferait baisser le chômage à long terme.
II. Une réponse insuffisante, qui peut même aggraver le chômage
1. La lecture keynésienne : Un chômage involontaire, dû à la demande
- Pour Keynes, le chômage est involontaire. Il ne s’explique pas par des salaires trop élevés, mais par une demande effective trop faible.
- Une baisse des salaires (flexibilité à la baisse) ampute le pouvoir d’achat des ménages. La demande se contracte, ce qui aggrave le chômage.
- Une politique de l’emploi efficace repose alors sur la relance budgétaire, et non sur la déréglementation.
2. Une flexibilité qui précarise sans créer d’emplois durables
- Elle fait progresser le temps partiel subi, les contrats courts et l’auto-entrepreneuriat contraint.
- Les emplois créés sont de moins bonne qualité et n’offrent pas de progression de salaire : C’est l’effet de déqualification.
- Certains travailleurs restent enfermés dans l’emploi précaire sans accéder à un emploi stable : C’est la trappe à pauvreté.
- Le modèle anglo-saxon, très flexible, connaît un chômage faible, mais au prix d’inégalités élevées.
3. Un dualisme du marché du travail renforcé plutôt que réduit
La flexibilisation externe crée de nouvelles formes de précarité pour les outsiders, sans toucher à la protection des insiders déjà installés (CDI, ancienneté). Le problème mis en évidence en première partie change de place, mais il n’est pas réglé.
La flexibilité ne lève pas non plus, à elle seule, certaines limites structurelles :
- Le chômage structurel, dû à l’inadéquation des qualifications, ne se résorbe pas grâce à la flexibilité ;
- Les entreprises embauchent d’abord en fonction de leurs débouchés et de leurs investissements, et non du coût d’un licenciement.
III. La flexicurité : Une flexibilité efficace à certaines conditions
1. Le modèle danois, une synthèse qui fonctionne
- Le « triangle d’or » de la flexicurité réunit des embauches et des licenciements faciles, une indemnisation généreuse des chômeurs et des politiques actives de retour à l’emploi.
- Le chômage reste faible malgré une forte flexibilité, et peut-être grâce à elle, car les parcours professionnels sont sécurisés.
- Ce modèle ne tient que grâce à un investissement massif dans la formation professionnelle continue.
2. Les politiques actives de l’emploi, un complément nécessaire
- On sépare les politiques actives (formation, accompagnement, aide à la mobilité) des politiques passives (indemnisation).
- Sans politiques actives, la flexibilisation fabrique de la précarité. Avec elles, elle facilite les changements de parcours professionnel.
- En France, le plan d’investissement dans les compétences (PIC) et France Travail cherchent à associer les deux.
3. À quelles conditions la flexibilité est acceptable et efficace
- La flexibilité n’est pas un but en elle-même : Elle doit aller avec une sécurisation des revenus et des parcours.
- Elle suppose l’accord du corps social. Sans dialogue social, les réformes de flexibilisation échouent ou n’ont que des effets limités, comme le montrent en France les oppositions aux réformes du Code du travail.
- D’où la réponse à la problématique : La flexibilisation peut aider à réduire certaines formes de chômage, mais elle n’est ni toujours nécessaire, ni suffisante.
Conclusion
Synthèse. La flexibilisation réduit les rigidités du marché du travail et peut faire baisser le chômage à court terme, en particulier le chômage frictionnel. Elle ne traite pas les causes du chômage structurel et a un coût social : Précarité, travailleurs pauvres, dépenses publiques en hausse.
Réponse à la problématique. Ses effets ne durent que si elle s’inscrit dans un modèle de flexicurité, qui apporte de la souplesse aux entreprises et de la sécurité aux salariés.
Écarts au corrigé officiel
Sur 9 points, cette proposition s’écarte du corrigé officiel du CRCF. Chaque écart repose sur le sujet, un calcul refait ou un texte en vigueur à la date de l’épreuve.
| Question | Point | Corrigé officiel | Cette proposition | Justification |
|---|---|---|---|---|
| 1 | Définition de la productivité | par tête et horaire | « Les documents la calculent par tête » | Documents 1 à 3, corrigé officiel |
| 1 | Lien entre les chiffres de l’Insee et de l’OFCE | non précisé | « Ce que l’OFCE traduit par » | Documents 2 et 3 (périodes et tendances différentes) |
| 1 | Constat chiffré du graphique | chute de 2020, niveau de 2017 retrouvé fin 2024 | Absent | Document 1 |
| 1 | Causes du décrochage | rétention de main-d’œuvre, moins qualifiés, auto-entrepreneuriat, entreprises zombies | « Trois facteurs » | Document 2, corrigé officiel |
| 2 | Définition, limites et conclusion de la taxe | attendus | Absentes | Corrigé officiel, documents 4 à 7 |
| 3 | Évolution du solde public | déficitaire depuis le milieu des années 1970 | « Se dégrade sans interruption » | Document 8 : amélioration de 2020 à 2022 |
| 3 | Leviers | recettes, dépenses, croissance | Deux leviers | Documents 9 et 10 |
| D2 | Chômage frictionnel | réduit par un meilleur appariement | Ne se résorbe pas grâce à la flexibilité | Corrigé officiel (Diamond, Mortensen, Pissarides) |
| D2 | Définition du marché du travail, réformes Hartz, modèle anglo-saxon, conclusion | attendus | Absents ou non sourcés | Corrigé officiel |
Questions fréquentes
Où télécharger le sujet du DCG 2026 UE 5 ?
Le sujet officiel de l’UE 5 Économie contemporaine du DCG 2026 se télécharge gratuitement sur cette page, en PDF, sans inscription. Il est reproduit tel que publié pour la session, précédé d’une page de garde Max Compta.
Existe-t-il un corrigé officiel du DCG 2026 UE 5 ?
Le CRCF établit des éléments indicatifs de corrigé, diffusés aux enseignants. Cette proposition de corrigé Max Compta les suit et signale, preuve à l’appui, les 9 points où elle s’en écarte.
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En 2026, l’épreuve écrite de l’UE 5 Économie contemporaine durait 4 heures, coefficient 1, d’après le sujet officiel.
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