LCR (lettre de change relevé) : fonctionnement et comptabilisation

LCR (lettre de change relevé) : fonctionnement et comptabilisation - Max Compta

LCR (lettre de change relevé) : fonctionnement et comptabilisation

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La LCR, ou lettre de change relevé, est une lettre de change transmise sous forme de fichier informatique : le fournisseur (le tireur) ordonne à son client (le tiré) de lui payer une somme à une date fixée. Avant de débiter le compte du client à l’échéance, sa banque lui envoie un relevé des LCR à payer pour recueillir son accord. En comptabilité, le fournisseur fait passer sa créance du compte 411 au compte 413 « Clients - Effets à recevoir », puis la remet à l’encaissement (5113) ou à l’escompte (5114) ; le client règle sa dette à l’échéance, en passant par le compte 403 « Fournisseurs - Effets à payer » s’il a accepté la lettre de change.

La LCR sert entre professionnels : les effets de commerce sont réservés au règlement de créances commerciales. En 2025, l’Observatoire de la sécurité des moyens de paiement a recensé 68 millions d’opérations par LCR ou billet à ordre relevé, pour 198 milliards d’euros : 0,2 % des moyens de paiement scripturaux en nombre et 0,5 % en montant. Les effets papier, le billet à ordre et l’endossement sont traités dans l’article sur les effets de commerce et leurs écritures.

1. Qu’est-ce qu’une LCR ?

La lettre de change est un titre par lequel le tireur donne l’ordre au tiré de payer, à une date convenue, une somme déterminée à un bénéficiaire qui est le tireur lui-même (définition du CFONB, le comité de normalisation de la profession bancaire). On parle de lettre de change relevé (LCR) quand ce titre circule sous forme d’enregistrement informatique, du fournisseur à sa banque puis de banque à banque. Son équivalent pour le billet à ordre, que le client émet pour promettre de payer, est le billet à ordre relevé (BOR).

Forme Ce que c’est Conséquence
LCR papier Une lettre de change papier existe ; la LCR en est la version informatique, saisie par le fournisseur ou par sa banque Effet de commerce au sens du Code de commerce : acceptation, endossement, protêt et recours cambiaires possibles
LCR magnétique Le fournisseur crée directement l’enregistrement dans son logiciel, sans titre papier Selon la brochure du CFONB de 2002, antérieure à la lettre de change électronique (C. com., art. L. 511-1-1), l’enregistrement ne vaut pas effet de commerce et ne donne pas accès aux recours cambiaires
LCR acceptée Le client a accepté la lettre de change en la signant Il s’oblige à payer à l’échéance (C. com., art. L. 511-19)
LCR non acceptée Le client n’a rien signé ; il donne son accord sur le relevé de sa banque Il peut refuser le paiement sur le relevé
BOR Billet à ordre émis par le client et transmis sous forme de fichier Le client s’engage à payer le fournisseur à l’échéance

LCR acceptée ou non acceptée

L’acceptation s’écrit sur la lettre de change (« accepté » ou un mot équivalent) et se signe ; la seule signature du tiré au recto vaut acceptation (C. com., art. L. 511-17). Elle n’est pas obligatoire : une lettre de change non signée peut être payée, mais la Fédération bancaire française (FBF) conseille au fournisseur de la faire signer aussi souvent que possible. Le fichier remis à la banque porte un code : 0 pour une LCR non acceptée, 1 pour une LCR acceptée, 2 pour un BOR, 3 pour une lettre de change à faire accepter.

Les mentions d’une lettre de change

L’article L. 511-1 du Code de commerce en impose huit :

  • la dénomination « lettre de change » dans le texte du titre ;
  • le mandat pur et simple de payer une somme déterminée ;
  • le nom du tiré ;
  • l’échéance (sans échéance, la lettre de change est payable à vue) ;
  • le lieu de paiement ;
  • le nom de celui à qui ou à l’ordre de qui le paiement doit être fait ;
  • la date et le lieu de création ;
  • la signature du tireur, manuscrite ou non.

Pour circuler entre banques, la LCR porte aussi les coordonnées bancaires du tiré, RIB ou IBAN (CFONB). Depuis le 14 mars 2025, la lettre de change peut également être établie, signée, transférée, présentée et conservée sous forme électronique, dans les conditions de la loi n° 2024-537 du 13 juin 2024 (C. com., art. L. 511-1-1).

La LCR parmi les moyens de paiement

Selon le rapport 2025 de l’Observatoire de la sécurité des moyens de paiement (Banque de France), les effets de commerce reculent de 3,7 % en nombre et de 3,5 % en montant sur un an. Leur fraude atteint 19,3 millions d’euros en 2025, dont 71 % de faux effets créés de toutes pièces et 22 % d’effets réguliers interceptés puis modifiés. Avant de donner son accord sur un relevé, le client a donc intérêt à rapprocher chaque LCR de sa facture.

2. Qui intervient dans une LCR ?

La brochure du CFONB fixe le rôle de chacun des quatre acteurs.

Acteur Qui c’est Ce qu’il fait
Tireur (remettant) Le fournisseur, créancier Crée la LCR, la remet à sa banque avec des coordonnées bancaires fiables, reprend tout impayé et règle les litiges directement avec le client
Banque du tireur Mandataire du fournisseur Contrôle la remise, présente les LCR au paiement à bonne date, crédite le compte du fournisseur, l’avise d’un défaut de paiement et de son motif
Banque du tiré La banque où la LCR est domiciliée Rejette les LCR inexploitables, envoie au client le relevé des LCR à payer, ne débite qu’avec son accord, rejette sur ses instructions les LCR contestées
Tiré Le client, débiteur Répond au relevé ou applique une convention « paiement sauf désaccord », et règle les litiges directement avec le fournisseur

3. Comment fonctionne une LCR, de la facture à l’échéance ?

  1. Le fournisseur facture et crée la LCR : montant, échéance, nom et coordonnées bancaires du client.
  2. Il remet ses LCR à sa banque en séparant celles à encaisser et celles à escompter. Pour être payée à l’échéance, une LCR à l’encaissement doit être remise au moins 5 jours ouvrés avant.
  3. La banque du fournisseur contrôle la remise, met les LCR en portefeuille et les présente à la banque du client par le système d’échange interbancaire. Elle crédite son client tout de suite pour une remise à l’escompte, à l’échéance pour une remise à l’encaissement.
  4. La banque du client reçoit les LCR au plus tard 5 jours ouvrés avant la date de règlement interbancaire, vérifie qu’elles sont exploitables et envoie au client un relevé des LCR à payer, sur papier ou en format électronique, avec le montant, l’échéance, le code acceptation et le nom du tireur.
  5. Le client répond au plus tard le dernier jour ouvré avant la date de règlement, sauf s’il a signé une convention « paiement sauf désaccord » : il ne répond alors qu’en cas de désaccord.
  6. À l’échéance, la banque du client débite son compte si la provision suffit. Sinon, ou en cas de refus, elle rejette la LCR en impayé avec un code motif.

Ces délais sont ceux de la brochure interbancaire du CFONB, dont l’édition de septembre 2002 reste en ligne ; les heures limites dépendent de la convention de compte de chaque banque. Le client ne reçoit pas de titre acquitté : son paiement se prouve par le débit inscrit sur son relevé de compte, avec le relevé détaillé des LCR payées.

Qu’est-ce qu’une LCR domiciliée ?

La domiciliation est l’indication de la banque chargée de payer l’effet pour le compte du tiré, obligatoirement complétée par son RIB (glossaire du CFONB). Une LCR domiciliée est donc payable sur un compte désigné du client, comme toute LCR échangée entre banques : ce sont celles de votre relevé de LCR à payer. Une domiciliation erronée fait l’objet d’une demande de correction entre les deux banques. La banque peut facturer une commission de domiciliation ou de changement de domiciliation, que le BOFiP cite parmi les rémunérations sur effets de commerce.

4. Vous recevez un relevé de LCR : comment payer ou refuser ?

Le relevé des LCR à payer est la demande d’accord que votre banque envoie avant tout débit. Selon le CFONB, aucune LCR ne doit être débitée sans votre mandat exprès, donné au cas par cas en répondant au relevé, ou une fois pour toutes par une convention de type « paiement sauf désaccord » signée avec votre banque.

Vérifier chaque ligne du relevé

  • Le nom du tireur et la facture qui correspond à la LCR.
  • Le montant, avoirs déduits.
  • L’échéance convenue avec le fournisseur.
  • Le code acceptation : une LCR présentée comme acceptée alors que vous n’avez rien signé peut être rejetée (motif 72, code acceptation erroné).

Payer, payer en partie ou refuser

Vous pouvez autoriser le paiement de tout le relevé, payer une partie du relevé ou d’une LCR, ou refuser tout le relevé. La réponse doit parvenir à la banque au plus tard le dernier jour ouvré avant la date de règlement indiquée sur le relevé, dans la forme prévue avec elle (papier, télématique ou fichier informatique). Sans réponse et sans convention, la LCR est rejetée avec le motif 31 « pas d’ordre de payer », que la brochure CFONB de 2002 range parmi les motifs qui pèsent sur la cotation Banque de France de l’entreprise.

Chaque rejet porte un code de la liste interbancaire du CFONB (version 9 de décembre 2019). Les plus courants :

Code Libellé Situation
20 Provision insuffisante Compte sans provision, ou paiement partiel faute de provision suffisante
31 Pas d’ordre de payer Pas de réponse du client au relevé
39 Ne paie que LCR acceptées ou BOR Le client a demandé de ne payer que les LCR qu’il a acceptées et les BOR qu’il a émis
70 Tirage contesté Pas de facture, facture contestée, marchandise non conforme, non reçue ou retournée
71 Reçu à tort, déjà réglé Opération déjà payée par un autre moyen, ou en double
73 Montant contesté Avoir non pris en compte, montant différent de la facture
74 Date d’échéance contestée Échéance différente de celle convenue
75 Demande de prorogation Échéance correcte, mais le client demande un délai

Refuser une LCR acceptée

Par l’acceptation, le tiré s’oblige à payer à l’échéance, et le porteur, même s’il est le tireur, a contre lui une action directe (C. com., art. L. 511-19), qui se prescrit par trois ans à compter de l’échéance (art. L. 511-78). La banque n’arbitre pas les litiges : elle rejette sur vos instructions, et le désaccord se règle avec le fournisseur. Le CFONB précise que les motifs de contestation ne doivent pas masquer une insuffisance de provision.

5. Que se passe-t-il en cas d’impayé ?

La banque du client renvoie la LCR rejetée à la banque du fournisseur. Celle-ci débite le compte du fournisseur du montant de l’impayé et lui adresse un avis d’impayé avec le motif du rejet (CFONB). Si la LCR avait été escomptée, la banque reprend l’avance : l’entreprise qui escompte garde le risque de défaillance de ses clients, sauf garantie ou assurance-crédit (FBF).

Pour le client, l’incident est inscrit à la Banque de France et dégrade sa cotation (FBF). Pour le fournisseur, la FBF décrit un recouvrement par étapes : contact avec le client, relance, mise en demeure en recommandé, puis injonction de payer ou référé-provision. La créance revient au compte 411, puis au 416 « Clients douteux ou litigieux » si son recouvrement devient incertain (voir la dépréciation des créances clients).

Protêt et recours cambiaires

Le protêt est l’acte par lequel le porteur fait constater qu’un effet n’a pas été accepté ou pas payé (glossaire du CFONB). Il est dressé par un notaire ou un huissier (C. com., art. L. 511-52) et, pour une lettre de change payable à jour fixe, l’un des deux jours ouvrables qui suivent l’échéance (art. L. 511-39). La clause « retour sans frais » ou « sans protêt », inscrite et signée sur le titre, en dispense le porteur pour exercer ses recours (art. L. 511-43). Ces recours supposent une lettre de change au sens du Code de commerce : une LCR magnétique, sans titre papier, n’y donne pas accès (CFONB).

6. Encaissement ou escompte : comment toucher le montant d’une LCR ?

À l’encaissement, la banque présente la LCR et crédite le fournisseur à l’échéance. À l’escompte, le fournisseur cède la LCR à sa banque, qui lui avance tout de suite le montant, diminué des intérêts et des frais, puis se rembourse à l’échéance en encaissant la LCR auprès de la banque du client (FBF).

Les conditions de l’escompte

L’escompte est un crédit à court terme, réservé aux créances matérialisées par une lettre de change ou un billet à ordre. Il suppose une convention et une ligne d’escompte : la banque fixe le taux, les frais et le montant maximal, examine chaque effet, peut en refuser et peut demander une garantie ou une assurance-crédit (FBF). Une lettre de change n’a pas besoin d’être acceptée pour que sa remise en propriété transfère la provision au banquier (CFONB) : la propriété de la provision passe de droit aux porteurs successifs (C. com., art. L. 511-7).

Le coût de l’escompte

La FBF le décompose en frais de dossier (mise en place, renouvellement de la ligne), intérêts d’escompte, commissions de traitement des effets et de transfert de propriété, et frais forfaitaires pour certaines opérations (prorogation, réclamation de l’effet, incident d’encaissement, changement de domiciliation, avis de sort, présentation à l’acceptation). Elle calcule les intérêts au taux fixé par la convention, sur une année de 360 jours :

Intérêts d’escompte = valeur nominale × taux annuel × jours restants / 360

Exemple de la FBF : un effet de 10 000 € escompté à 5 % 60 jours avant l’échéance coûte 83,33 € d’intérêts.

La TVA sur le coût de l’escompte

Élément facturé TVA Textes
Intérêts d’escompte (agios) Exonérés, et la banque ne peut pas opter pour la TVA CGI, art. 261 C, 1° c et art. 260 C, 4° ; BOI-TVA-SECT-50-10-10 § 100 ; BOI-TVA-SECT-50-10-30-10 § 190
Commissions sur effets : encaissement, présentation à l’acceptation, prorogation, avis de sort, impayé, bordereau, domiciliation Exonérées, sauf si la banque a opté pour la TVA CGI, art. 260 B ; BOI-TVA-SECT-50-10-30-10 § 30

Le compte 44566 ne reçoit donc que la TVA des commissions pour lesquelles la banque a opté, que le bordereau fait alors apparaître. Les articles du CGI cités sur cette page le sont dans leur version en vigueur au 18 octobre 2026 : l’ordonnance n° 2025-1247 du 17 décembre 2025 recodifie la TVA dans le code des impositions sur les biens et services et abroge notamment les articles 260 B, 260 C et 261 C ; Légifrance arrête au 1er janvier 2027 la version de l’article 261 C.

La TVA de la vente ne bouge pas

Pour une prestation de services taxée à l’encaissement, la TVA d’une facture réglée par LCR escomptée devient exigible à la date où le client paie l’effet, c’est-à-dire à l’échéance, et non le jour de l’escompte. Si l’effet n’est pas honoré, elle devient exigible au règlement effectif (CGI, art. 269, 2-c, cité par le BOI-TVA-BASE-20-20 § 60).

L’escompte au bilan et hors bilan

Les effets escomptés ont été cédés à la banque : ils ne figurent plus dans l’actif circulant (FBF). Le PCG les suit en comptabilité d’engagements : à la date de l’escompte, débit du compte 8024 « Créances escomptées non échues » et crédit du compte 8014 « Effets circulant sous l’endos de l’entité ». Ces écritures sont annulées après l’échéance, une fois les délais de recours expirés, et contre-passées si l’effet revient impayé (PCG, art. 1231-80).

Escompte bancaire, escompte de règlement

L’escompte bancaire est un financement : ses intérêts vont au compte 6616. L’escompte de règlement est une réduction de prix accordée pour un paiement anticipé, enregistrée au compte 665 « Escomptes accordés » chez le vendeur et 765 « Escomptes obtenus » chez l’acheteur. Le second est détaillé dans l’article sur les RRR et escomptes.

7. LCR, prélèvement SEPA, virement, chèque : quelles différences ?

LCR Prélèvement SEPA Virement Chèque
Qui lance le paiement Le créancier, par sa banque Le créancier, sur la base du mandat Le payeur Le payeur, qui émet le chèque
Autorisation du payeur Accord sur chaque relevé de LCR, ou convention « paiement sauf désaccord » Mandat signé, valable jusqu’à sa révocation, caduc après 36 mois sans prélèvement L’ordre de virement La signature du chèque
Date du paiement L’échéance inscrite sur la LCR Annoncée au débiteur au moins 14 jours avant, sauf accord contraire Choisie par le payeur À vue : payable à sa présentation (CMF, art. L. 131-31)
Contestation Refus sur le relevé jusqu’à la veille ouvrée du règlement, rejet sur instruction en cas de litige SEPA Core : remboursement jusqu’à 8 semaines après le débit, 13 mois si le prélèvement n’était pas autorisé. Interentreprises : rejet avant l’exécution, puis contestation d’un prélèvement non autorisé seulement (13 mois) En principe irrévocable une fois l’ordre reçu par la banque du payeur (CMF, art. L. 133-8) Opposition limitée à la perte, au vol, à l’utilisation frauduleuse et aux procédures collectives du porteur (CMF, art. L. 131-35)
Escompte possible Oui Non Non Non
Comptes du PCG Fournisseur : 413, 5113 ou 5114, 512. Client : 401 ou 403, 512 411 ou 401, et 512 411 ou 401, et 512 411 ou 401, et 512 (5112 « Chèques à encaisser » si besoin)

Sources du tableau : pages de la FBF sur le prélèvement SEPA et sa contestation, Code monétaire et financier ; l’escompte est fermé aux trois autres moyens parce que la FBF le réserve aux lettres de change et billets à ordre. Les écritures de règlement par virement, chèque ou carte sont dans l’article sur le paiement et l’encaissement.

8. Comment comptabiliser une LCR chez le fournisseur (tireur) ?

Selon le PCG, le compte 413 « Clients - Effets à recevoir » est débité par le crédit du 411 quand l’effet entre en portefeuille, puis crédité à l’échéance ou à la date de l’escompte (art. 1214-41). Le compte 511 « Valeurs à l’encaissement » reçoit les effets remis à l’encaissement et à l’escompte (art. 1215-51), dans ses subdivisions 5113 « Effets à l’encaissement » et 5114 « Effets à l’escompte ». Les indicateurs A↑, A↓, C↑ sont expliqués dans l’article sur le débit et le crédit.

Fil rouge : une LCR non acceptée de 2 400,00 €, pour une facture de 2 000,00 € HT et 400,00 € de TVA, échéance au 30 avril.

1. Création de la LCR

Compte Libellé Débit Crédit
413 Clients - Effets à recevoir A↑ 2 400,00
411 Clients A↓ 2 400,00

2. Remise à l’encaissement

Compte Libellé Débit Crédit
5113 Effets à l’encaissement A↑ 2 400,00
413 Clients - Effets à recevoir A↓ 2 400,00

3. Encaissement à l’échéance

La banque crédite le compte en retenant une commission d’encaissement de 1,20 € HT, avec 0,24 € de TVA (banque ayant opté) :

Compte Libellé Débit Crédit
512 Banques A↑ 2 398,56
6275 Frais sur effets C↑ 1,20
44566 TVA sur autres biens et services A↑ 0,24
5113 Effets à l’encaissement A↓ 2 400,00
Total 2 400,00 2 400,00

4. Remise à l’escompte, à la place de l’encaissement

Même LCR escomptée 30 jours avant l’échéance au taux annuel de 6 % : 2 400,00 × 6 % × 30 / 360 = 12,00 € d’intérêts, plus 1,20 € HT de commission et 0,24 € de TVA, soit 2 386,56 € crédités.

Compte Libellé Débit Crédit
5114 Effets à l’escompte A↑ 2 400,00
413 Clients - Effets à recevoir A↓ 2 400,00

À réception du bordereau d’escompte :

Compte Libellé Débit Crédit
512 Banques A↑ 2 386,56
6616 Intérêts bancaires et sur opérations de financement (escompte…) C↑ 12,00
6275 Frais sur effets C↑ 1,20
44566 TVA sur autres biens et services A↑ 0,24
5114 Effets à l’escompte A↓ 2 400,00
Total 2 400,00 2 400,00

À l’échéance, le client paie la banque. Le fournisseur ne passe plus d’écriture au bilan ; il annule seulement les engagements 8024 et 8014 après les délais de recours.

5. LCR revenue impayée

Si la LCR escomptée revient impayée, la banque débite le compte de 2 400,00 €, plus une commission d’impayé de 9,00 € HT et 1,80 € de TVA. Le PCG prévoit l’inscription au crédit du compte de la banque et le rétablissement de la créance initiale à l’actif (art. 1214-41) :

Compte Libellé Débit Crédit
411 Clients A↑ 2 400,00
6275 Frais sur effets C↑ 9,00
44566 TVA sur autres biens et services A↑ 1,80
512 Banques A↓ 2 410,80
Total 2 410,80 2 410,80

Les engagements hors bilan de l’effet escompté sont contre-passés. Pour une LCR remise à l’encaissement, l’écriture est la même si la banque avait déjà crédité le compte. Si l’avis d’impayé arrive avant que le crédit ait été enregistré, la créance revient du 5113 au 411 (débit 411, crédit 5113).

9. Comment comptabiliser une LCR chez le client (tiré) ?

Le compte 401 « Fournisseurs » est débité par le crédit du compte 403 « Fournisseurs - Effets à payer » lors de l’acceptation d’une lettre de change ou de la remise d’un billet à ordre (PCG, art. 1214-40). Le client ne passe donc par le 403 que s’il a accepté la LCR. La facture de 2 400,00 € du fil rouge s’enregistre au crédit du 401 (débit 607 et 44566).

LCR non acceptée

L’accord donné sur le relevé ne s’enregistre pas. Le paiement se comptabilise à l’échéance, au vu du débit sur le relevé de compte :

Compte Libellé Débit Crédit
401 Fournisseurs P↓ 2 400,00
512 Banques A↓ 2 400,00

LCR acceptée

À l’acceptation :

Compte Libellé Débit Crédit
401 Fournisseurs P↓ 2 400,00
403 Fournisseurs - Effets à payer P↑ 2 400,00

À l’échéance :

Compte Libellé Débit Crédit
403 Fournisseurs - Effets à payer P↓ 2 400,00
512 Banques A↓ 2 400,00

Frais, refus et impayé

Une commission facturée par la banque sur les LCR domiciliées va au compte 6275 « Frais sur effets », en contrepartie du 512 ; la TVA ne va au 44566 que si le relevé de la banque en mentionne. Un refus ou un impayé ne donne lieu à aucune écriture tant que rien ne sort du compte : la dette reste au 401, ou au 403 si la LCR avait été acceptée. Si le refus vient d’un avoir oublié, il reste à enregistrer l’avoir. Les LCR payées se pointent ensuite comme les autres débits lors du rapprochement bancaire.

10. Exemple chiffré complet

Le 2 mars, la société Duval vend des marchandises à la société Marchand pour 5 000,00 € HT, soit 6 000,00 € TTC avec la TVA à 20 %. Le paiement se fait par LCR non acceptée, échéance au 30 avril. Le 31 mars, Duval remet la LCR à l’escompte : taux annuel de 6 %, 30 jours jusqu’à l’échéance, commission de remise de 4,00 € HT et 0,80 € de TVA (banque ayant opté).

  • Intérêts d’escompte : 6 000,00 × 6 % × 30 / 360 = 30,00 €.
  • Montant crédité : 6 000,00 − 30,00 − 4,00 − 0,80 = 5 965,20 €.

Chez Duval, le fournisseur

2 mars, facture de vente :

Compte Libellé Débit Crédit
411 Clients A↑ 6 000,00
707 Ventes de marchandises Pr↑ 5 000,00
44571 TVA collectée P↑ 1 000,00
Total 6 000,00 6 000,00

2 mars, création de la LCR :

Compte Libellé Débit Crédit
413 Clients - Effets à recevoir A↑ 6 000,00
411 Clients A↓ 6 000,00

31 mars, remise à l’escompte :

Compte Libellé Débit Crédit
5114 Effets à l’escompte A↑ 6 000,00
413 Clients - Effets à recevoir A↓ 6 000,00

31 mars, bordereau d’escompte :

Compte Libellé Débit Crédit
512 Banques A↑ 5 965,20
6616 Intérêts bancaires et sur opérations de financement (escompte…) C↑ 30,00
6275 Frais sur effets C↑ 4,00
44566 TVA sur autres biens et services A↑ 0,80
5114 Effets à l’escompte A↓ 6 000,00
Total 6 000,00 6 000,00

Le même jour, la comptabilité des engagements enregistre 6 000,00 € au débit du 8024 et au crédit du 8014. L’escompte coûte 34,00 € de charges à Duval (30,00 € d’intérêts et 4,00 € de commission), et la TVA de 0,80 € est récupérable.

Chez Marchand, le client

2 mars, facture d’achat :

Compte Libellé Débit Crédit
607 Achats de marchandises C↑ 5 000,00
44566 TVA sur autres biens et services A↑ 1 000,00
401 Fournisseurs P↑ 6 000,00
Total 6 000,00 6 000,00

Fin avril, Marchand reçoit le relevé de LCR à payer et donne son accord, ce qui ne s’enregistre pas. Le 30 avril, sa banque débite son compte :

Compte Libellé Débit Crédit
401 Fournisseurs P↓ 6 000,00
512 Banques A↓ 6 000,00

Chez Duval, le paiement du 30 avril ne donne lieu à aucune écriture au bilan : la banque se rembourse elle-même.

Variante : la LCR revient impayée

Le compte de Marchand n’est pas provisionné : sa banque rejette la LCR avec le motif 20. Le 5 mai, la banque de Duval débite 6 000,00 €, plus une commission d’impayé de 15,00 € HT et 3,00 € de TVA :

Compte Libellé Débit Crédit
411 Clients A↑ 6 000,00
6275 Frais sur effets C↑ 15,00
44566 TVA sur autres biens et services A↑ 3,00
512 Banques A↓ 6 018,00
Total 6 018,00 6 018,00

Duval contre-passe les engagements 8024 et 8014, relance Marchand et, si le recouvrement devient incertain, transfère la créance au compte 416. Chez Marchand, la dette de 6 000,00 € reste au compte 401.

11. La LCR au programme du DCG 2027

Le programme 2027 de l’UE 9 Comptabilité (annexe 1 de l’arrêté du 4 août 2025) cite la lettre de change relevé magnétique parmi les moyens de règlement qui soldent les créances et les dettes, et précise que « l’étude des lettres de change se limite à la lettre de change relevé magnétique ». L’escompte des lettres de change relevé magnétiques figure parmi les modes de financement : le candidat doit en présenter les caractéristiques et en maîtriser l’enregistrement comptable.

L’UE 6 Finance d’entreprise demande de calculer le coût d’une remise à l’escompte, agios compris, sans tenir compte des jours de valeur (voir le guide de l’UE 6). La méthode de révision de l’UE 9 est détaillée dans le guide de l’UE 9 Comptabilité.

Fiche de révision DCG UE 9 Comptabilité

Les écritures types de l’UE 9, effets de commerce compris, et les questions des épreuves 2020 à 2026 classées par thème. La nouvelle version, au programme 2027, est en cours de mise en ligne et sera envoyée automatiquement à tout acheteur depuis le 01/06/2026.

Voir la fiche UE 9 (19,99 €)

Voir les fiches des 11 UE du DCG

Fiche PDF vendue par Max Compta, prix relevé le 18/10/2026.

12. Questions fréquentes

Qu’est-ce qu’une LCR ?

Une LCR (lettre de change relevé) est une lettre de change transmise sous forme de fichier informatique. Le fournisseur y ordonne à son client de payer une somme à une date fixée ; la banque du client lui présente un relevé des LCR à payer, puis débite son compte à l’échéance avec son accord.

Qu’est-ce qu’une LCR domiciliée ?

C’est une LCR payable sur un compte désigné du client, dont la banque et le RIB figurent dans la LCR. La banque où elle est domiciliée la présente au client sur son relevé de LCR à payer et la règle pour son compte s’il donne son accord.

Comment refuser de payer une LCR ?

En indiquant à votre banque, en réponse au relevé de LCR à payer, que vous refusez tout ou partie du paiement, au plus tard le dernier jour ouvré avant la date de règlement. Le motif du refus (litige, montant ou échéance contestés, facture déjà réglée) est transmis au fournisseur, avec qui le désaccord se règle directement.

Que se passe-t-il sans réponse au relevé de LCR ?

Sans réponse et sans convention de paiement sauf désaccord, la banque ne paie pas : la LCR est rejetée avec le motif 31 « pas d’ordre de payer ». Avec une telle convention, l’absence de réponse vaut accord pour les LCR qu’elle couvre.

Une LCR acceptée peut-elle être refusée ?

Le client peut encore la rejeter sur son relevé, mais l’acceptation l’oblige à payer à l’échéance (Code de commerce, art. L. 511-19). Le porteur dispose contre lui d’une action directe pendant trois ans à compter de l’échéance (art. L. 511-78).

Quelle différence entre une LCR et un prélèvement SEPA ?

Les deux sont lancés par le créancier, mais la LCR porte une échéance et demande l’accord du client sur chaque relevé, ou une convention de paiement sauf désaccord, alors que le prélèvement SEPA repose sur un mandat signé par le débiteur. Seule la LCR, effet de commerce, peut être escomptée.

Comment comptabiliser une LCR chez le fournisseur ?

À la création, débit 413 « Clients - Effets à recevoir » et crédit 411. Remise à l’encaissement : débit 5113, crédit 413 ; remise à l’escompte : débit 5114, crédit 413. Au crédit de la banque : débit 512, 6616 pour les intérêts d’escompte et 6275 pour les commissions, par le crédit du 5113 ou du 5114.

Comment comptabiliser une LCR chez le client ?

Si la LCR n’est pas acceptée, la dette reste au 401 et le paiement à l’échéance s’enregistre en débit 401, crédit 512. Si elle est acceptée, la dette passe du 401 au 403 « Fournisseurs - Effets à payer » à l’acceptation, puis le paiement s’enregistre en débit 403, crédit 512.

Les agios d’escompte sont-ils soumis à la TVA ?

Non. Les intérêts d’escompte sont exonérés de TVA et la banque ne peut pas opter pour la TVA sur ces intérêts (CGI, art. 261 C et 260 C). Les commissions sur effets sont exonérées elles aussi, sauf si la banque a opté pour la TVA : le bordereau la fait alors apparaître.

Quelle différence entre une LCR et un BOR ?

La LCR est émise par le fournisseur, qui ordonne à son client de payer. Le BOR (billet à ordre relevé) est émis par le client lui-même, qui promet de payer le fournisseur à l’échéance. Les deux circulent sous forme de fichiers entre les banques.

Max Compta

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